Qu’est-ce que l’Institution nationale des droits de l’homme ? Comprenant le Comité pour la prévention de la torture
Sur la base des Principes de Paris et à la suite des recommandations adressées à l’État libanais par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et les organes conventionnels internationaux, la loi n° 62 du 27 octobre 2016, telle que modifiée, a été adoptée.
Rôle de l’Institution
L’Institution nationale des droits de l’homme constitue un pont entre la société civile et l’État, tout en demeurant indépendante de celui-ci.
Surveillance
Surveiller le respect par le Liban des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Plaintes
Recevoir les plaintes et signalements concernant les violations des droits de l’homme.
Éducation
Promouvoir la culture des droits de l’homme et développer les programmes d’éducation aux droits humains.
Coopération
Communiquer de manière indépendante avec les organismes nationaux et internationaux compétents.
Fondement juridique et institutionnel
Sur la base des Principes de Paris, qui encadrent la création et le fonctionnement des institutions nationales des droits de l’homme, et à la suite de nombreuses recommandations adressées à l’État libanais par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et par les organes conventionnels internationaux, la loi n° 62 du 27 octobre 2016, telle que modifiée, a été adoptée.
Cette loi prévoit la création de l’Institution nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture.
Les institutions nationales des droits de l’homme sont financées par l’État, mais indépendantes de celui-ci. Elles ne sont pas des organisations non gouvernementales, mais agissent comme un pont entre la société civile et les gouvernements.
Elles sont connues sous différentes appellations selon les pays, telles que commission, conseil, institution, médiateur, défenseur public ou organisme de conciliation.
Étapes clés
Le Liban a adhéré au Protocole facultatif à la Convention contre la torture en vertu de la loi n° 12 du 5 septembre 2008.
Adoption de la loi n° 62 du 27 octobre 2016 créant l’Institution nationale des droits de l’homme.
Constitution de l’Institution en vertu du décret n° 3267 du 19 juin 2018.
Prestation de serment des membres et élection du président et des membres du bureau.
Le serment des membres
Conformément à l’article 5 de la loi n° 62/2016, les membres de l’Institution ont prêté serment devant le Président de la République.
Membres et responsabilités
Mandat de l’Institution nationale des droits de l’homme
La loi n° 62/2016 définit les missions de l’Institution nationale des droits de l’homme.
L’Institution œuvre à la protection et à la promotion des droits de l’homme au Liban conformément aux normes énoncées dans la Constitution libanaise, la Déclaration universelle des droits de l’homme, les conventions et traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, ainsi que les lois libanaises conformes à ces normes.
- Surveiller le respect par le Liban des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
- Élaborer et publier des rapports spéciaux ou périodiques.
- Contribuer de manière indépendante aux rapports que l’État libanais est tenu de soumettre.
- Émettre des avis sur les questions qui lui sont soumises par les autorités compétentes.
- Émettre, de sa propre initiative, des avis sur les lois, décrets, décisions, projets de textes et politiques publiques.
- Recevoir les plaintes et signalements concernant les violations des droits de l’homme.
- Contribuer à la promotion de la culture des droits de l’homme et au développement de programmes d’éducation aux droits humains.
Comité pour la prévention de la torture
Le Comité agit comme mécanisme national de prévention au sens du Protocole facultatif à la Convention contre la torture.
Accès aux lieux de détention
Disposer d’un droit absolu d’accès et de visite à tous les lieux de privation de liberté au Liban.
Visites inopinées
Effectuer des visites régulières ou inopinées, à tout moment, sans préavis ni autorisation préalable.
Entretiens confidentiels
Mener des entretiens collectifs ou individuels, en privé, avec toute personne privée de liberté.
Accès à l’information
Exercer un accès non restreint à l’information de manière confidentielle, selon les besoins de son travail.
Examens médicaux
Recevoir des plaintes ou des demandes d’entretien et procéder à tout examen ou constat médical.
Coopération et réforme
Coopérer avec les autorités compétentes afin de renforcer les lois et règlements relatifs aux personnes détenues.
Rapport annuel
L’Institution et le Comité établissent, chacun dans le cadre de ses compétences, un rapport annuel unifié comprenant leur programme, leurs réalisations et les difficultés rencontrées.
Ce rapport est soumis à la Présidence de la République, à la Présidence de la Chambre des députés, à la Présidence du Conseil des ministres et au Président du Conseil supérieur de la magistrature.
Il est publié au Journal officiel et peut être débattu par le Parlement. Le rapport veille à ne pas inclure de données personnelles ou d’informations permettant d’identifier les victimes ou les témoins sans leur consentement.
Commissions permanentes
Conformément à l’article 12 de la loi n° 62/2016, quatre commissions permanentes ont été créées au sein de l’Institution.
Commission du droit international humanitaire
Elle œuvre à garantir le respect des conventions, protocoles et règles coutumières du droit international humanitaire auxquels le Liban est partie.
Recours des enfants victimes de violations
Elle constitue le mécanisme national de recours pour les enfants victimes de violations des droits de l’enfant.
Droits des personnes handicapées
Elle constitue le mécanisme national chargé de la protection des droits des personnes en situation de handicap.
Lutte contre la traite des personnes
Elle est chargée de lutter contre la traite des êtres humains et d’assurer la protection des victimes et des témoins.
Accréditation au statut « A »
Les Principes de Paris définissent, au niveau international, le rôle, la composition, le statut et les fonctions des institutions nationales des droits de l’homme.
Élaborés lors d’un atelier international tenu à Paris en 1991, ils ont été adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993.
L’Institution nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture, œuvre actuellement à la préparation des documents et rapports nécessaires pour soumettre une demande d’accréditation auprès des Nations Unies, en vue d’obtenir le statut « A » au sein de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme.
Adhésion aux organisations régionales et internationales
GANHRI
L’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme.
Forum Asie-Pacifique
Le Forum Asie-Pacifique des institutions nationales des droits de l’homme.
Réseau francophone
Le Réseau francophone des institutions nationales des droits de l’homme.
Réseau arabe
Le Réseau arabe des institutions nationales des droits de l’homme.
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