assam Al Kantar, membre de la Commission nationale des droits de l’homme, a déclaré que rendre hommage à la journaliste tuée Amal Khalil, ainsi qu’à l’ensemble des journalistes, travailleurs humanitaires, secouristes, personnels médicaux et civils tués à travers le pays, passe par un engagement durable en faveur de la lutte contre l’impunité.
Il a souligné que la justice ne viendra ni de « plaintes obsolètes » abandonnées au Conseil de sécurité des Nations unies, ni de simples déclarations de condamnation, quelle qu’en soit l’origine. « La reddition des comptes est la seule voie possible », a-t-il affirmé, insistant sur le fait que traduire les responsables en justice demeure la condition essentielle à l’établissement de la justice.
M. Al Kantar a déclaré qu’Amal Khalil, « fleur du Sud », journaliste exemplaire et militante engagée ayant défendu les droits des détenus et des prisonniers et œuvré à révéler le sort des disparus, mérite d’être honorée par une décision immédiate du Conseil des ministres d’accepter la compétence de la Cour pénale internationale, afin de poursuivre tous ceux impliqués dans des violations des droits humains et du droit international humanitaire au Liban.
Il a souligné que la poursuite et la condamnation des auteurs pour leurs actes individuels, ainsi que la mise en cause de la puissance occupante pour des actes « dont la brutalité dépasse toute description », constituent la véritable voie vers la justice.
Il a également insisté sur le fait que la lutte contre l’impunité exige la création de commissions d’enquête internationales indépendantes chargées d’examiner les crimes répétés et continus commis par les forces d’occupation.
En conclusion, M. Al Kantar a affirmé que rendre hommage à Amal Khalil, ainsi qu’à chaque martyr, implique de préserver leur héritage, de faire éclater la vérité et d’exposer les responsables devant les caméras et l’opinion publique, soulignant que cela constitue le seul véritable hommage à la « fleur du Sud », à la « fleur du journalisme » et à la « fleur des détenus, des prisonniers et des disparus ».
Ces déclarations ont été faites lors d’un rassemblement en hommage à la journaliste et militante Amal Khalil, organisé par le Centre Khiam pour la réhabilitation des victimes de la torture devant le siège du Comité international de la Croix-Rouge à Beyrouth, en présence de responsables officiels et politiques, de représentants de la société civile, d’anciens détenus, ainsi que de la famille et des proches de la victime.
Hassib Abdel Hamid, secrétaire général adjoint du Centre Khiam, a déclaré que le choix du lieu de la veillée revêtait une forte portée symbolique, marquant « la première étape du parcours militant de la martyre ». Il a souligné que, malgré son jeune âge, son voile et les nombreux risques encourus, Amal Khalil a su devenir la voix du Centre aux niveaux local et international, le représentant « de la meilleure manière ». Il a conclu en adressant ses vœux de prompt rétablissement à la militante blessée Zeinab Faraj.
Le président du Centre Khiam, Mohammad Safa, a adressé un message au ministre de l’Information, Paul Morcos, l’appelant à « approuver l’adhésion du Liban à la compétence de la Cour pénale internationale en Conseil des ministres et à accélérer le dépôt d’une plainte urgente ». Il a ajouté qu’il n’aurait jamais imaginé prendre la parole pour évoquer Amal comme une martyre, pensant plutôt qu’elle serait celle qui écrirait un jour l’histoire et les réalisations du Centre Khiam et du Comité des détenus. « Amal portait les photos des détenus et anciens prisonniers de toutes tendances, visitait leurs familles et restait proche d’eux. Aujourd’hui, ce sont les fidèles qui portent son image », a-t-il déclaré.
De son côté, Wadad Halwani, présidente du Comité des familles des enlevés et des disparus, a indiqué que sa relation avec Amal avait débuté à travers la cause des disparus de la guerre libanaise et les efforts pour imposer l’application de la loi 105/2018 visant à révéler le sort des disparus. Elle a précisé qu’Amal s’était engagée dans cette cause depuis son action militante et humanitaire au sein du Centre Khiam, la soutenant comme journaliste et partenaire. « Amal, fille, amoureuse et gardienne du Sud, s’est distinguée dans son métier en défendant ses habitants, sa terre, ses arbres et même ses animaux, tout en dénonçant les crimes de l’ennemi israélien », a-t-elle déclaré.
Zahra Abdel Latif a, pour sa part, prononcé une allocution au nom de « Beit Atfal al-Sumoud », estimant que « si un missile peut arrêter un corps, il ne peut assassiner le sens ». Elle a ajouté : « Par son sang, la martyre a prouvé que les mots s’écrivent avec conviction et peuvent devenir des éclats qui transpercent la conscience. Si Amal est partie dans son corps, elle laisse derrière elle un héritage que le temps ne pourra effacer. »
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