La Commission nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture, conduite par son président, le Dr Fadi Gerges, a rencontré la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, la Dre Rima Karami, en présence de la secrétaire de la Commission, l’avocate Dre Rana Al Jamal, de la conseillère pédagogique de la ministre, la Dre Wadia Khoury, et du commissaire chargé des études, de l’éducation et du développement, le professeur Fadl Daher. La rencontre a porté sur les moyens de lancer un projet éducatif national d’éducation aux droits humains, destiné aux écoles et aux établissements secondaires publics et privés, ainsi que sur les recommandations de la Commission relatives à l’éducation, à la réinsertion et à la protection des droits des personnes déplacées et des élèves. Ce projet vise à ancrer une culture des droits humains à travers des programmes éducatifs et de sensibilisation favorisant la connaissance des droits et libertés fondamentaux et le respect de la dignité humaine.
La formation professionnelle dans les lieux de détention
Les participants ont examiné les recommandations figurant dans le rapport de visite de la Commission au centre pour mineurs de Warwar, notamment celles concernant la garantie du droit à l’éducation et à la formation professionnelle, ainsi que la mise en œuvre effective des programmes de formation professionnelle que le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur est appelé à assurer, dans le cadre de ses compétences et en coordination avec les autorités concernées, au sein des prisons et des centres de rééducation et de réinsertion.
La Commission a souligné l’importance de structurer ces programmes en parcours réguliers, réalisables et assortis d’un suivi, adaptés à l’âge, aux besoins et aux capacités des bénéficiaires, et offrant de véritables possibilités d’acquérir des compétences, de poursuivre des études et d’obtenir des qualifications reconnues. Elle a également insisté sur la nécessité de garantir la continuité de l’éducation et de la formation lors du transfert des personnes détenues entre établissements, et d’articuler les programmes de réinsertion avec les possibilités de poursuite des études et d’intégration sociale et professionnelle après la libération, en accordant une attention particulière aux mineurs et à leurs besoins éducatifs.
La protection des droits des personnes déplacées et des élèves
La Commission a également présenté les recommandations de son étude sur les centres d’hébergement des personnes déplacées pendant le conflit, qui soulignent la nécessité de protéger la dignité des personnes déplacées et de leur garantir des conditions d’hébergement décentes, tout en préservant le droit des élèves à l’éducation et la continuité de l’enseignement.
Dans ce contexte, la Commission a insisté sur la nécessité de proposer des solutions d’hébergement alternatives, décentes et sûres aux personnes déplacées accueillies dans les écoles et les infrastructures éducatives, dans le cadre de dispositifs coordonnés tenant compte de leurs besoins et évitant de les exposer à une précarité accrue ou de les transférer vers des lieux inadaptés. Elle a également souligné la nécessité de proposer des solutions éducatives adaptées aux élèves touchés par l’utilisation de leurs écoles comme centres d’hébergement, et de garantir aux enfants déplacés un accès à l’éducation sans discrimination, dans le respect de leur intérêt supérieur et afin de réduire les risques d’interruption de la scolarité et de décrochage scolaire.
L’intégration de l’éducation aux droits humains dans l’enseignement scolaire
La rencontre a également été consacrée à la présentation du « Guide des meilleures pratiques et expériences en matière d’éducation aux droits humains dans les écoles de la région arabe — édition 2026 », à l’élaboration duquel la Commission a contribué, ainsi qu’à l’examen des moyens de s’en inspirer pour développer l’éducation aux droits humains au Liban.
Les échanges ont porté sur les moyens d’intégrer les contenus et les approches du guide dans les programmes scolaires, les activités pédagogiques et les activités périscolaires, à tous les niveaux de l’enseignement scolaire, en fonction de l’âge et des besoins des élèves. Cette démarche comprend la promotion des principes d’égalité, de non-discrimination, de participation, de respect de la diversité et de dignité humaine, ainsi que leur traduction en pratiques quotidiennes au sein des classes et des établissements.
La discussion a également porté sur l’importance de renforcer les capacités des enseignants et des directions d’établissement à utiliser le guide, de développer des activités pratiques et participatives permettant aux élèves de comprendre et d’exercer leurs droits tout en respectant ceux d’autrui, et d’inscrire l’éducation aux droits humains dans l’environnement scolaire, les méthodes pédagogiques et les relations entre les membres de la communauté éducative.
Cette démarche s’inscrit dans le rôle éducatif, de sensibilisation et de prévention de la Commission nationale des droits de l’homme, conformément au cadre juridique régissant son action en vertu de la loi no 62/2016. Elle contribue à bâtir une culture durable des droits humains au sein des différentes composantes de la société et à faire de l’éducation et de la sensibilisation deux piliers essentiels de leur protection et de leur promotion.
La ministre a accueilli favorablement cette initiative et exprimé sa disponibilité à coopérer, ouvrant ainsi la voie à l’élaboration de modalités de travail conjointes et à la définition des mesures concrètes nécessaires au développement du projet et au suivi des recommandations présentées, en coordination avec les autorités et les parties concernées.
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