Une étude publiée par le Centre libanais d’études (LCPS) montre que la Commission nationale pour les personnes disparues et victimes de disparition forcée au Liban a réussi, au cours de ses cinq premières années d’activité, à poser les bases institutionnelles et juridiques nécessaires au traitement de ce dossier, malgré le manque de ressources et les insuffisances du soutien officiel. Elle souligne que la traduction de ces avancées en résultats répondant au droit des familles de savoir exige de protéger l’indépendance de la Commission, de renforcer ses capacités, de garantir la coopération avec elle et de lui donner accès aux informations nécessaires à son travail.
Intitulée « La création de la Commission nationale pour les personnes disparues et victimes de disparition forcée au Liban », l’étude a été rédigée par Ziad Achour, avocat et docteur en droit public, membre et vice-président de la Commission. Elle constitue le huitième numéro de la série « Faire face au passé », paru en octobre 2026. Cette publication s’inscrit dans les efforts du LCPS pour éclairer les responsables des politiques publiques, sensibiliser l’opinion et proposer des solutions concrètes en faveur de la prévention des conflits, de la consolidation de la paix et de la justice sociale.
Le document examine l’expérience de la Commission durant son premier mandat, de 2020 à 2025, considérant que sa constitution en vertu de la loi n° 105/2018 a marqué un tournant dans le traitement d’une question longtemps négligée. Il met en évidence le rôle de la mobilisation des familles des disparus et de la société civile dans l’adoption de cette loi et la création d’une instance nationale indépendante chargée de faire la lumière sur le sort des personnes disparues.
Selon l’étude, la Commission a entamé ses travaux dans un contexte de crises économiques, politiques et sanitaires concomitantes, auquel s’est ajoutée l’explosion du port de Beyrouth. Le désistement de certains membres, la démission d’autres et les retards dans la nomination de leurs remplaçants l’ont privée de quorum pendant environ dix mois. L’absence de siège officiel, de budget de fonctionnement propre et d’équipe administrative exécutive, ainsi que la méconnaissance de la loi et des compétences de la Commission par certaines autorités publiques, ont aggravé ces difficultés. Pour Achour, ces circonstances ont révélé l’insuffisance de l’engagement politique en faveur du soutien à la Commission et du renforcement de ses moyens durant son premier mandat.
L’étude recense néanmoins plusieurs acquis fondateurs : l’adoption et la publication des règlements intérieur et financier, l’établissement d’un code de conduite et de règles de gestion des registres centraux, ainsi que le lancement du processus de constitution d’une base de données sur les personnes disparues et victimes de disparition forcée. La Commission a également adopté son premier plan stratégique en octobre 2022, élargi ses partenari
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