La photojournaliste et éditrice photo à l’Agence France-Presse (AFP), Christina Assi, a publié une tribune dans EUobserver le 13 octobre 2026, à l’occasion du troisième anniversaire de l’attaque israélienne qui a visé un groupe de journalistes à Alma al-Chaab, dans le sud du Liban. Cette attaque a coûté la vie au journaliste de Reuters Issam Abdallah et grièvement blessé Assi, entraînant l’amputation de sa jambe droite. Le titre de l’article exprime la revendication centrale des survivants et des familles des victimes : « Qui a ordonné la frappe qui a tué mon ami et m’a mutilée ? L’Union européenne doit exiger des réponses d’Israël. »
Assi écrit en tant que journaliste survivante et témoin direct de l’attaque. Elle rappelle que sept journalistes se trouvaient dans un lieu à découvert, portant des gilets clairement identifiés comme appartenant à la presse, à côté d’un véhicule marqué « TV ». Elle raconte comment une première frappe les a touchés, puis comment une seconde a suivi alors que ses collègues tentaient de lui porter les premiers secours.
Outre son témoignage, l’autrice s’appuie sur les enquêtes menées par l’AFP, Reuters, Amnesty International, Human Rights Watch et la FINUL. Selon les éléments qu’elle présente dans l’article, ces enquêtes n’ont relevé aucun indice de présence de combattants ou d’activité militaire à l’endroit où se trouvaient les journalistes. Assi demande que soient identifiées les personnes qui ont ordonné, autorisé et exécuté l’attaque, et appelle l’Union européenne à mobiliser ses instruments politiques, diplomatiques et juridiques pour faire progresser la mise en cause des responsabilités.
Ce témoignage revêt une importance particulière pour la documentation des violations potentielles du droit international humanitaire : il relie le récit direct d’une survivante aux conclusions d’enquêtes indépendantes et remet en lumière le lien entre l’établissement des faits et la détermination des responsabilités. La collecte, la conservation et la comparaison des éléments de preuve permettent de constituer un dossier susceptible d’être examiné, tandis que la mise en cause des responsabilités exige une enquête révélant la chaîne des ordres et des décisions liés à l’attaque.
Cette revendication rejoint la démarche présentée par la Commission nationale des droits de l’homme du Liban, incluant le Comité pour la prévention de la torture, dans ses publications consacrées à la documentation des violations et à la conservation des preuves et à l’activation des mécanismes internationaux de justice et de mise en cause des responsabilités au Liban, ainsi qu’à l’importance de développer des méthodologies professionnelles de collecte et d’analyse des informations pour soutenir les enquêtes judiciaires nationales et internationales. La Commission a souligné que le suivi et la documentation relèvent de son mandat de protection des droits humains et que l’indépendance de ce travail doit être préservée.
Trois ans après l’attaque, le témoignage de Christina Assi rappelle le droit des victimes et des survivants à la vérité et à l’accès à la justice, ainsi que l’importance de poursuivre la documentation des violations et la conservation des preuves afin que les faits restent disponibles pour les enquêtes et la mise en cause des responsabilités.
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