La Commission nationale des droits de l’homme, y compris le Comité pour la prévention de la torture, a organisé la deuxième rencontre de sa série « Se connecter pour les droits », consacrée au thème « Renforcer les droits des personnes handicapées au Liban ».
La rencontre a réuni Sabine Saad, représentant la Commission nationale de la femme libanaise ; Fadia Farah, de la Lebanese Association for Self-Advocacy (LASA) ; Taghrid Awad, de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ; Fadi Halabi, du Ecumenical Disability Advocates Network (EDAN) ; Qusai Abboushi et Randa Abdo, du Forum pour les droits des personnes handicapées ; Tawfiq Rizkallah et Dolly Bassil, de l’organisation Partners for Development ; ainsi que Dana Charafeddine, de la Friends of Disabled Association. Des représentants de la Coalition des organisations de personnes handicapées au Liban, d’organisations de la société civile et de nombreux acteurs engagés dans le domaine des droits de l’homme ont également pris part à cette rencontre, qui s’est tenue au siège de la Commission à Beyrouth.

La réunion a été ouverte par le Dr Fadi Gerges, Président de la Commission nationale des droits de l’homme, y compris le Comité pour la prévention de la torture, qui a souligné que la série « Se connecter pour les droits » constitue une plateforme nationale permanente de dialogue, de concertation et de coopération entre la Commission et ses partenaires. Il a rappelé que cette initiative repose sur la conviction profonde que la protection des droits de l’homme est une responsabilité partagée, qui exige un véritable partenariat entre les institutions nationales, les organisations de la société civile et les titulaires de droits. Il a également réaffirmé l’engagement de la Commission, conformément au mandat qui lui est conféré par la loi n° 62/2016 et aux Principes de Paris, à promouvoir une approche fondée sur la participation et l’ouverture, tout en consolidant son rôle d’institution nationale indépendante chargée de la promotion et de la protection des droits de l’homme.
Le Dr Gerges a indiqué que le choix de consacrer cette rencontre aux droits des personnes handicapées reflète la conviction de la Commission que le respect de leurs droits constitue un indicateur fondamental de l’engagement de l’État en faveur de l’égalité, de la non-discrimination et de la dignité humaine. Il a souligné que le défi actuel consiste à passer de la simple reconnaissance des droits à leur mise en œuvre effective, afin de garantir la participation pleine, entière et effective des personnes handicapées dans tous les aspects de la vie. Il a également rappelé que la Commission considère les personnes handicapées comme des titulaires de droits et des partenaires à part entière dans les processus décisionnels, et non comme de simples bénéficiaires de soins ou de services, réaffirmant ainsi son attachement au principe « Rien sur nous sans nous » dans toutes les questions relatives aux droits des personnes handicapées.
À cette occasion, le Président de la Commission a annoncé le lancement du Comité des droits des personnes handicapées au sein de la Commission nationale des droits de l’homme. Ce comité constituera un cadre institutionnel permanent destiné à renforcer la coopération avec les organisations de personnes handicapées, à soutenir le suivi indépendant de la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) et à promouvoir la protection des droits et des libertés conformément aux dispositions de la Convention et de la législation nationale.
Le Commissaire chargé des relations internationales et de l’information, Bassam Al Kantar, a ensuite présenté le cadre juridique du suivi indépendant prévu à l’article 33 (2) de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, en mettant en lumière le rôle de la Commission en tant que mécanisme national indépendant chargé de promouvoir, protéger et suivre la mise en œuvre de la Convention, conformément aux Principes de Paris. Il a également présenté le mandat et les priorités du Comité des droits des personnes handicapées pour la période 2026–2030, notamment l’harmonisation de la législation nationale avec la Convention, le suivi de la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour les droits et l’inclusion des personnes handicapées, le renforcement de la participation effective des personnes handicapées et de leurs organisations représentatives aux processus décisionnels, l’amélioration de l’accessibilité, le renforcement de la protection contre la violence et les mauvais traitements, la promotion de l’éducation inclusive et du travail décent, ainsi que le développement de systèmes nationaux de collecte de données relatives au handicap.
Les participants ont également pris connaissance des principales contributions de la Commission au renforcement du cadre juridique et politique relatif aux droits des personnes handicapées. Celles-ci comprennent notamment son avis juridique sur la terminologie relative aux personnes handicapées, son plaidoyer en faveur de l’adoption d’une approche fondée sur les droits de l’homme conforme à la Convention, ainsi que sa contribution à l’élaboration et au lancement du Guide arabe sur l’éducation aux droits de l’homme dans les écoles, réalisé en partenariat avec le Réseau arabe des institutions nationales des droits de l’homme (ANNHRI) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), afin d’intégrer les principes de la Convention dans les programmes scolaires.
Les participants ont souligné l’importance de renforcer la coopération institutionnelle entre la Commission nationale des droits de l’homme et les organisations de personnes handicapées, en les reconnaissant comme des partenaires essentiels du suivi indépendant et des processus décisionnels, conformément à l’article 33 (3) de la Convention, tout en consolidant l’indépendance de la Commission et son mandat national de promotion et de protection des droits de l’homme.
La réunion s’est conclue par l’adoption d’un ensemble de priorités et de recommandations, notamment le renforcement du rôle de la Commission nationale des droits de l’homme en tant que mécanisme national indépendant chargé de promouvoir, protéger et suivre la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées ; le renforcement de la coopération institutionnelle avec les organisations de personnes handicapées conformément au principe « Rien sur nous sans nous » ; l’accélération de l’harmonisation de la législation et des politiques publiques avec la Convention et son Protocole facultatif ; ainsi que l’accompagnement de la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour les droits et l’inclusion des personnes handicapées (2026–2030). Les participants ont également insisté sur la nécessité de garantir la participation effective des personnes handicapées et de leurs organisations représentatives à l’élaboration des lois, des politiques publiques et des mécanismes de suivi, d’améliorer l’accessibilité des services et des infrastructures publics, de promouvoir l’éducation inclusive, le travail décent et la protection contre toutes les formes de discrimination et de violence, ainsi que de renforcer les systèmes nationaux de collecte de données et les indicateurs permettant de mesurer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des droits des personnes handicapées conformément aux normes internationales relatives aux droits de l’homme.
En conclusion, le Dr Gerges a annoncé que la troisième rencontre de la série « Se connecter pour les droits » se tiendra le jeudi 13 août 2026 sur le thème « Vers une politique nationale en matière de drogues : de la criminalisation et de la répression à une approche fondée sur la santé publique et les droits de l’homme ». Cette rencontre sera consacrée à l’élaboration du premier projet national de Charte des droits des personnes concernées par l’usage de drogues, ainsi qu’à l’examen des mécanismes de mise en œuvre des Lignes directrices internationales sur les droits de l’homme et les politiques en matière de drogues au niveau national, dans le but de promouvoir une politique plus efficace et plus humaine, centrée sur la santé publique, la dignité humaine et le respect des droits de l’homme.
La Commission nationale des droits de l’homme a enfin réaffirmé son engagement à maintenir ses portes ouvertes à tous les partenaires et titulaires de droits, à renforcer le dialogue et la concertation avec l’ensemble des parties prenantes, à promouvoir une culture des droits de l’homme, à faire progresser les principes d’égalité et de non-discrimination et à contribuer à l’édification d’un Liban plus inclusif, plus juste et pleinement respectueux des droits de l’homme.
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