Le Liban figure parmi les pays examinés lors de la 138ᵉ session du Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires (WGEID), tenue du 26 au 30 janvier 2026. À cette occasion, les experts indépendants ont analysé des centaines de cas provenant de différentes régions du monde et ont examiné les préoccupations liées à la mise en œuvre des normes internationales relatives aux disparitions forcées.
Au cours de cette session, le Groupe de travail a étudié 410 cas de disparitions forcées transmis dans le cadre de sa procédure d’action urgente entre septembre 2025 et janvier 2026, concernant plusieurs pays, dont le Liban. Les experts ont également examiné 422 autres dossiers dans le cadre de la procédure ordinaire, comprenant de nouveaux cas signalés ainsi que des informations actualisées sur des cas précédemment transmis aux gouvernements concernés.
L’héritage de la guerre civile
Les informations examinées par le Groupe de travail rappellent que les disparitions forcées au Liban sont étroitement liées à l’héritage de la guerre civile (1975–1990). Durant cette période, de nombreuses personnes ont été enlevées ou arrêtées par des milices et des forces armées, souvent aux postes de contrôle, dans la rue ou à leur domicile.
Aujourd’hui, environ 17 000 personnes restent portées disparues à la suite de la guerre civile, et leur sort demeure inconnu malgré les efforts déployés depuis plusieurs décennies pour établir la vérité sur leur disparition.
La loi sur les personnes disparues
En novembre 2018, le Liban a adopté la loi n°105 relative aux personnes disparues et victimes de disparition forcée, qui constitue le premier cadre juridique national reconnaissant les droits des victimes et de leurs familles conformément aux normes internationales.
Cette loi a également créé la Commission nationale pour les personnes disparues et victimes de disparition forcée, un organisme indépendant doté d’une personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière. Son mandat comprend notamment la réception des plaintes, la collecte de témoignages, la création d’une base de données d’informations, ainsi que l’identification et l’exhumation de sites d’inhumation.
Toutefois, selon les informations reçues par le Groupe de travail, des difficultés importantes subsistent dans la mise en œuvre effective de cette loi, notamment en raison du manque de ressources financières et humaines, qui limite la capacité de la Commission à fonctionner de manière pleinement indépendante et efficace.
Des préoccupations récentes
Le Groupe de travail a également reçu des informations concernant 12 plaintes relatives à des disparitions forcées entre 2023 et 2024, actuellement examinées au Liban dans le cadre de la loi n°105/2018, certaines impliquant différentes institutions sécuritaires.
Par ailleurs, des préoccupations ont été soulevées concernant les expulsions et retours forcés de réfugiés syriens depuis le Liban vers la Syrie, qui pourraient exposer certaines personnes à des risques de détention arbitraire, de torture ou de disparition forcée. Des informations indiquent que ces retours auraient parfois été effectués sans garanties procédurales suffisantes ni évaluation individuelle des besoins de protection.
Coopération régionale pour retrouver les disparus
Selon les informations disponibles, le Liban et la Syrie ont établi en septembre 2025 deux comités conjoints visant à clarifier le sort des détenus syriens au Liban et des ressortissants libanais disparus en Syrie. Cette initiative vise à renforcer la coopération judiciaire, faciliter l’échange d’informations et soutenir les familles des victimes.
Une attention internationale continue
Créé en 1980, le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires aide les familles à déterminer le sort et le lieu où se trouvent leurs proches disparus et veille à ce que les autorités compétentes enquêtent sur les cas signalés.
La 139ᵉ session du Groupe de travail se tiendra du 4 au 8 mai 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
L’examen continu du Liban par les mécanismes des Nations Unies souligne l’importance persistante de traiter la question des personnes disparues, un dossier humanitaire et judiciaire majeur qui continue d’affecter des milliers de familles dans le pays.
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