L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a inscrit un ensemble de cinq châteaux historiques de la région du Jabal Amel, au sud du Liban, à la fois sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril, à l’issue d’une procédure d’examen d’urgence motivée par les conflits en cours au Moyen-Orient.
Les cinq châteaux ont été reconnus pour leur valeur architecturale et historique exceptionnelle, illustrant près de neuf siècles d’évolution de l’architecture militaire, où se mêlent influences croisées, ayyoubides, mameloukes et traditions architecturales locales libanaises.
Parmi les sites nouvellement inscrits figure le château de Beaufort (Qalaat al-Shaqif / Shaqif Arnoun), l’une des plus importantes forteresses croisées du sud du Liban et un symbole majeur du riche patrimoine culturel de la région.
Israël s’est opposé à cette inscription, notamment à celle du château de Beaufort, affirmant que le Hezbollah avait utilisé le site et ses environs à des fins militaires. Le Liban a rejeté ces allégations lors de la réunion du Comité du patrimoine mondial, soulignant que les châteaux étaient utilisés exclusivement à des fins culturelles et touristiques depuis le retrait israélien du Sud-Liban en 2000. La délégation libanaise a également accusé certains médias israéliens de présenter des infrastructures touristiques comme des installations militaires.
L’UNESCO a réaffirmé que toutes les candidatures au patrimoine mondial sont évaluées selon les mêmes critères et procédures techniques et que l’Organisation ne prend pas position dans les différends politiques.
Dans une décision distincte, le Comité du patrimoine mondial a également inscrit la ville antique de Tyr, l’un des plus importants sites archéologiques phéniciens du Liban, sur la Liste du patrimoine mondial en péril, en raison des dommages et des risques liés au récent conflit dans le sud du Liban. Quatrième ville du pays, Tyr a été la cible d’intenses frappes aériennes israéliennes avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu mettant fin aux dernières hostilités.
L’inscription des châteaux du Jabal Amel au patrimoine mondial, ainsi que la reconnaissance des menaces pesant sur Tyr, témoignent de l’inquiétude croissante de la communauté internationale quant à la protection du patrimoine culturel libanais en période de conflit armé.
L’utilisation militaire du château de Beaufort
Le 3 juin 2026, l’armée israélienne a diffusé des photographies d’une cérémonie de passation de commandement de la brigade Golani organisée au château de Beaufort (Qalaat al-Shaqif), quelques jours après la prise de la forteresse historique par les forces israéliennes.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a déclaré :
« Le château de Beaufort, dans le sud du Liban, a accueilli la cérémonie de passation de commandement de la brigade Golani. Golani… jusqu’à la victoire ! »
Les photographies publiées montraient des soldats et des commandants israéliens à l’intérieur de cette forteresse médiévale.
La prise du château de Beaufort, situé au sud de Nabatieh et dominant le fleuve Litani, ainsi que son utilisation ultérieure à des fins militaires, sont devenues un élément central de la communication de l’armée israélienne durant cette opération. Cette situation a attiré l’attention de la communauté internationale sur la valeur patrimoniale exceptionnelle du site et a ravivé les préoccupations concernant la protection des biens culturels et des monuments historiques en période de conflit armé.
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