Sa famille demande que son sort soit élucidé et que l’hypothèse d’une détention en Israël soit vérifiée, après l’avoir recherché en vain dans les décombres d’une maison
La Commission nationale des droits de l’homme, comprenant le Comité pour la prévention de la torture, a annoncé que sa base de données recense désormais 40 cas de prisonniers, de détenus et de personnes portées disparues dans le contexte du conflit avec Israël. Ce chiffre fait suite à une plainte déposée par la famille du ressortissant libanais Ali Afif Nahle, disparu dans la localité de Qantara, dans le sud du Liban. Son identité et les détails du témoignage de sa famille sont publiés avec le consentement de celle-ci.
Selon sa famille, le contact avec Ali a été rompu le 26 novembre 2024, à la veille de l’entrée en vigueur de la cessation des hostilités, alors qu’il se trouvait dans une maison proche de la place de Qantara. Trois jeunes hommes étaient présents dans la maison ce jour-là. L’un d’eux est parti avant la frappe ; les circonstances concernant les autres personnes et leur sort figurent parmi les points que la Commission cherche encore à vérifier.
La famille indique avoir recherché Ali sur place après la frappe, en faisant notamment appel à un engin de chantier pour déblayer et fouiller les décombres, sans trouver d’élément permettant d’établir son sort. Elle rapporte avoir découvert un pull à une centaine de mètres du lieu de la frappe. La maison située à cet endroit était un bâtiment de plain-pied d’environ 150 mètres carrés.
Le 24 juillet 2025, la famille a organisé une cérémonie commémorative en hommage à Ali et l’a décrit, dans l’annonce, comme « porté disparu ». La Commission souligne que la tenue de cette cérémonie ne constitue pas, à elle seule, une preuve de son décès et ne permet pas d’établir les circonstances de sa disparition.
La famille a demandé à la Commission d’élucider le sort d’Ali et de vérifier s’il pourrait être détenu par les forces israéliennes. Toutefois, les informations communiquées à ce jour ne comprennent aucun témoignage direct faisant état de son arrestation ou de son transfert, ni aucune preuve confirmant sa détention ou son décès. La Commission a donc enregistré son cas comme un signalement de disparition dont l’examen reste ouvert. Les 40 cas recensés présentent des situations factuelles et des degrés de vérification différents ; ce chiffre ne signifie pas que toutes les personnes concernées sont détenues.
La Commission s’attachera à établir la dernière fois où Ali a été vu avec certitude, à interroger les personnes qui se trouvaient avec lui ou l’ont aperçu au cours de ses dernières heures connues, et à documenter l’emplacement de la maison ainsi que les résultats des recherches menées dans ses décombres. En coordination avec la famille et les autorités compétentes, elle vérifiera également les signalements antérieurs, les registres des services de secours et des hôpitaux, les registres de décès et toute autre information susceptible de contribuer à établir son sort ou le lieu où il se trouve. Si des indices concrets de détention apparaissent, elle envisagera de demander, par les voies compétentes, des informations précises sur son lieu de détention, son état de santé et la possibilité pour lui de communiquer avec sa famille et le Comité international de la Croix-Rouge.
La Commission rappelle que la famille d’Ali, comme toutes les familles de personnes disparues, a le droit de connaître le sort de ses proches. Cela exige de poursuivre les recherches et de vérifier toutes les hypothèses à partir des éléments de preuve, de partager les informations entre les instances concernées et de communiquer aux familles toute évolution vérifiée.
Avec l’ajout du cas d’Ali Afif Nahle, le nombre de personnes disparues inscrites dans la base de données de la Commission s’élève à cinq, sur un total de 40 cas de prisonniers, de détenus et de personnes disparues dans le contexte du conflit avec Israël. La Commission suit également 41 autres cas au sujet desquels elle a reçu des informations, mais qu’elle n’a pas encore inscrits dans sa base de données faute d’avoir obtenu le consentement éclairé des familles concernées. Elle poursuit ses échanges avec ces familles afin de leur expliquer l’objectif de l’enregistrement, l’usage qui serait fait des informations et les garanties de confidentialité, pour qu’elles puissent décider librement de l’inscription des cas et du partage de leurs données.
هذه المقالة متاحة أيضًا بـ:

