Une délégation de la Commission nationale des droits de l’homme du Liban, incluant le Comité pour la prévention de la torture (NHRC-CPT), a tenu une réunion avec des équipes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à son siège à Genève, en marge de l’Assemblée annuelle de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI).
La délégation libanaise comprenait le Dr Fadi Gerges, Président de la Commission, et M. Bassam Al Kantar, Commissaire aux relations internationales. Ils ont rencontré des représentants du CICR, dont la Dre Paola Forgione, conseillère juridique, ainsi que des membres des groupes de travail participant à l’Initiative mondiale visant à renouveler l’engagement politique en faveur du droit international humanitaire (DIH), lancée conjointement par le CICR et le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie, le Kazakhstan et l’Afrique du Sud.
Cette initiative, prévue sur deux ans, vise à élaborer des recommandations concrètes et opérationnelles pour renforcer le respect du DIH et l’adapter aux défis contemporains, et culminera par une réunion internationale de haut niveau sur le respect du principe d’humanité dans la guerre d’ici fin 2026.
Au cours de la réunion, les participants ont réaffirmé les objectifs principaux de l’initiative :
, Faire du DIH une priorité politique aux niveaux mondial, régional et national,
, Recentrer le débat international sur la nécessité d’élever les attentes envers les parties aux conflits pour garantir une application effective et constante du DIH,
, Traiter les défis liés à la prévention des violations et à la conduite des hostilités à travers des recommandations claires et concrètes.
Les participants ont souligné que les Conventions de Genève, qui protègent les victimes des conflits armés, incarnent la conscience commune de l’humanité et des valeurs universelles dépassant les frontières et les croyances. Depuis leur adoption en 1949, elles ont contribué à sauver des millions de vies et à préserver la dignité humaine. Toutefois, les souffrances actuelles dans les conflits armés témoignent d’un manque persistant de respect de leurs règles fondamentales.
Les discussions ont mis en évidence que la communauté internationale porte une responsabilité collective pour garantir le respect du DIH, renforcer la redevabilité en cas de violations et atténuer les souffrances humaines, en particulier dans un contexte de conflits croissants et de coûts humains, politiques, sociaux et économiques élevés.
Dans ce cadre, le CICR a présenté les modalités de mise en œuvre de l’initiative, notamment la création de groupes de travail chargés de mener des consultations approfondies avec les États et les experts afin d’élaborer des recommandations pratiques face aux défis actuels et émergents.
La délégation de la NHRC a présenté un aperçu détaillé de son cadre de suivi et de documentation des violations du DIH, à travers son Comité spécialisé en droit international humanitaire, ainsi que ses méthodologies fondées sur les preuves, le principe de « ne pas nuire », la protection des sources et les standards d’impartialité et de rigueur.
La réunion a également permis un échange approfondi d’expertise sur les méthodologies et les normes juridiques, notamment en matière de collecte des preuves, de documentation numérique, d’analyse et de qualification juridique des violations.
Les deux parties ont examiné les perspectives de coopération technique et de dialogue continu, incluant le renforcement des capacités et la coordination avec les initiatives internationales pertinentes, notamment les lignes directrices du CICR et de l’Académie de Genève sur l’enquête des violations du DIH.
Dans ce contexte, le CICR a salué le rapport de la NHRC intitulé « Les défis de l’État de droit et du respect des droits de l’homme durant la guerre israélienne au Liban », le considérant comme une référence importante. Il a également souligné l’importance du travail du Comité DIH de la Commission, dont les méthodes sont conformes aux standards internationaux, notamment le critère 5.2 relatif à l’efficacité, à l’indépendance et à l’impartialité des enquêtes.
À l’issue de la réunion, les deux parties ont insisté sur l’importance de renforcer la coopération entre institutions nationales et acteurs internationaux afin d’améliorer les mécanismes de suivi, de promouvoir la redevabilité et de garantir la protection des civils.
Elles ont également appelé l’ensemble des États parties aux Conventions de Genève à rejoindre cette initiative mondiale et à réaffirmer un engagement politique durable en faveur du DIH, dans le but commun de réduire les souffrances humaines et d’orienter les conflits vers des solutions pacifiques.
Cette réunion s’inscrit dans l’engagement continu de la Commission à promouvoir le respect du DIH et à renforcer les mécanismes nationaux de suivi, conformément aux obligations internationales du Liban.
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