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La Commission nationale des droits de l’homme : protéger les journalistes exige de poursuivre les responsables des crimes commis à leur encontre et de lutter contre les menaces numériques

À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, célébrée le 2 novembre de chaque année, la Commission nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture, rappelle que la protection des journalistes et des professionnels des médias constitue une responsabilité permanente. Elle exige de prévenir les attaques, d’enquêter sur celles-ci, de traduire leurs responsables en justice et de garantir les droits des victimes et de leurs familles à la vérité, à la justice et à réparation.

La Commission souligne la gravité des données publiées par l’UNESCO à cette occasion : 189 journalistes ont été tués en 2024 et 2025, soit une augmentation de 20 % par rapport à la période précédente, et près des deux tiers de ces meurtres ont eu lieu dans des zones de conflit. Le taux d’impunité a également atteint 86 %, révélant l’incapacité persistante des mécanismes de justice à rendre justice aux victimes et à prévenir de nouveaux crimes contre les journalistes.

Cette journée revêt une importance particulière au Liban, où la protection des journalistes exige un suivi judiciaire rigoureux de toutes les attaques les ayant visés, notamment celles attribuées aux forces israéliennes lors de couvertures sur le terrain. La Commission appelle à des enquêtes indépendantes, impartiales, rapides et efficaces portant sur les circonstances de chaque attaque, les armes utilisées, la connaissance qu’avaient leurs auteurs de la présence de journalistes, ainsi que les responsabilités individuelles et celles des supérieurs hiérarchiques, afin de poursuivre toute personne dont l’implication serait établie, dans le respect des procédures légales.

La Commission rappelle que les journalistes bénéficient de la protection accordée aux civils par le droit international humanitaire, sauf s’ils participent directement aux hostilités et uniquement pendant la durée de cette participation. Le fait de recueillir des informations, de filmer ou de documenter des violations ne constitue pas, en soi, une participation directe aux hostilités. La ligne éditoriale d’un média ou les opinions attribuées à un journaliste ne lui font pas perdre cette protection.

La Commission met également en garde contre la multiplication des menaces numériques visant les journalistes, notamment la surveillance illégale, le piratage de leurs appareils et comptes, la divulgation de données personnelles, les menaces, les campagnes de diffamation et l’incitation à la violence. Elle souligne que la protection des sources et la confidentialité des communications sont essentielles à la protection du travail journalistique. Les enquêtes sur les attaques numériques nécessitent une expertise technique indépendante ainsi que des mesures de conservation des preuves permettant d’éviter leur disparition ou leur altération.

La Commission attire aussi l’attention sur les risques supplémentaires auxquels sont exposées les femmes journalistes, notamment les menaces à caractère sexuel, les violences fondées sur le genre et les abus en ligne. Ces risques appellent des mesures de protection adaptées, permettant de signaler les attaques en toute sécurité et d’en assurer le suivi sans stigmatisation ni représailles.

Dans ce contexte, la Commission appelle les autorités libanaises et les parties concernées à :

  1. Engager les enquêtes et assurer le suivi des procédures judiciaires relatives aux meurtres, blessures, menaces et agressions visant des journalistes, et informer les victimes et leurs familles des progrès accomplis, dans le respect du secret de l’enquête et des droits de toutes les parties.
  2. Préserver les preuves matérielles et numériques, notamment les enregistrements, les images, les données médicales et les restes de munitions, solliciter des expertises spécialisées et protéger les témoins, les sources et les membres des familles contre les menaces et les représailles.
  3. Mettre en place un mécanisme national de protection des journalistes, en partenariat avec les médias, les syndicats et les organisations spécialisées, comprenant l’évaluation des risques, une réponse rapide aux menaces et une assistance juridique, technique et psychologique, dans le cadre du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.
  4. Lutter contre la surveillance illégale et les attaques numériques, et veiller à ce que toute ingérence dans la vie privée et les communications respecte les exigences de légalité, de nécessité et de proportionnalité, sous un contrôle judiciaire effectif.
  5. Garantir un environnement sûr pour l’exercice du journalisme, s’abstenir d’utiliser les poursuites et les procédures judiciaires pour réduire les journalistes au silence ou les intimider en raison de leur travail légitime, et respecter leur droit d’accès à l’information ainsi que la protection de leurs sources.
  6. Renforcer la coopération avec les mécanismes internationaux compétents, afin de soutenir la documentation des violations, la préservation des preuves et la mise en œuvre des voies de recours et de poursuite prévues par le droit.

La Commission invite les entreprises de médias à fournir des formations, des équipements de protection et des protocoles de sécurité sur le terrain et dans l’environnement numérique, et à veiller à ce que les journalistes indépendants et les collaborateurs bénéficient également de ces mesures de protection et de soutien.

La Commission souligne que l’impunité met en danger l’ensemble de la société : chaque attaque laissée sans réponse judiciaire réduit l’espace de la liberté d’expression, entrave l’accès du public à l’information et encourage la répétition des violations. Honorer la mémoire des victimes de crimes contre les journalistes exige de traduire la solidarité en mesures concrètes de protection, d’enquête et de poursuite, afin que l’exercice du journalisme ne soit jamais une cause de persécution ou de peur.

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مؤسسة وطنية مستقلة منشأة بموجب القانون 62/ 2016، تتضمن آلية وقائية وطنية للتعذيب (لجنة الوقاية من التعذيب) عملاً بأحكام القانون رقم 12/ 2008 (المصادقة على البروتوكول الاختياري لاتفاقية مناهضة التعذيب). An independent national institution established under Law No. 62/2016, which includes a National Preventive Mechanism against torture (the Committee for the Prevention of Torture), in accordance with the provisions of Law No. 12/2008 (ratifying the Optional Protocol to the Convention against Torture). Une institution nationale indépendante établie en vertu de la loi n° 62/2016, qui comprend un mécanisme national de prévention de la torture (le Comité pour la prévention de la torture), conformément aux dispositions de la loi n° 12/2008 (ratifiant le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture).