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Journée mondiale de l’habitat 2026 : le logement adéquat pour tous doit devenir une priorité au Liban

La Journée mondiale de l’habitat, célébrée le 5 octobre 2026 sous le thème « Un logement adéquat pour tous », met en lumière un droit humain fondamental qui revêt une urgence particulière au Liban. Face aux destructions liées aux conflits, aux déplacements de population, aux difficultés économiques et aux inégalités d’accès aux services essentiels, le logement doit occuper une place centrale dans le relèvement national et les politiques publiques. Un logement sûr, abordable et accessible est indispensable à la dignité, à la santé, à l’éducation et à la participation à la vie sociale.

Chaque année, les Nations Unies célèbrent la Journée mondiale de l’habitat le premier lundi d’octobre pour réfléchir à la situation des villes et au droit de chacun à un logement adéquat. Instituée par l’Assemblée générale en 1985, cette journée rappelle aux gouvernements et aux communautés leur responsabilité commune dans la construction de l’avenir des établissements humains.

Le thème de 2026, « Un logement adéquat pour tous », appelle à privilégier les politiques, les partenariats et les solutions concrètes qui permettent de traduire le droit au logement dans la vie quotidienne. La célébration mondiale se tiendra à Mascate, au Sultanat d’Oman, du 5 au 8 octobre, réunissant gouvernements, autorités locales, communautés et professionnels du logement.

Pour la Commission nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture (NHRC-CPT), cette journée offre l’occasion d’examiner le logement sous l’angle des droits humains : qui peut accéder à un logement sûr ? Qui demeure exclu ? Quelles protections existent lorsque le logement est menacé ? Comment les décisions publiques peuvent-elles renforcer l’égalité ?

Au Liban, ces questions concernent les familles déplacées, les locataires confrontés à des dépenses de logement difficiles à assumer, les habitants des quartiers insuffisamment desservis, les personnes handicapées, les réfugiés, les travailleurs migrants et les personnes dont les habitations ont été endommagées ou détruites.

Comprendre le droit à un logement adéquat

Le droit à un logement adéquat est reconnu à l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et à l’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Il dépasse la simple présence d’un toit et de murs.

Les normes internationales relatives aux droits humains définissent sept dimensions du logement adéquat : la sécurité juridique d’occupation ; la disponibilité des services et des infrastructures ; le coût abordable ; l’habitabilité ; l’accessibilité ; l’emplacement ; et le respect du milieu culturel. Ensemble, ces dimensions permettent d’évaluer si les personnes peuvent vivre en sécurité et dans la dignité.

Appliqué au Liban, ce cadre soulève des questions concrètes. Un ménage peut-il payer son loyer sans sacrifier son alimentation ou ses soins de santé ? Le bâtiment est-il structurellement sûr ? Dispose-t-il d’un accès fiable à l’eau et à l’assainissement ? Une personne handicapée peut-elle entrer dans le logement et utiliser ses équipements ? Les écoles, les emplois et les services de santé sont-ils accessibles ? Les occupants sont-ils protégés contre les expulsions arbitraires ?

Ces questions doivent guider les politiques du logement, l’aide d’urgence et la reconstruction. Le nombre de bâtiments réparés ou de logements construits ne fournit qu’une partie du bilan. Le critère essentiel est la capacité des personnes à obtenir et à conserver un logement répondant à leurs besoins.

Pourquoi le logement constitue une question urgente de droits humains au Liban

Les difficultés de logement au Liban résultent de pressions qui se cumulent. Les difficultés économiques, les conflits, les déplacements et les dommages aux infrastructures peuvent rendre dangereuse ou inabordable une situation résidentielle déjà précaire.

Le HCR au Liban souligne que les difficultés d’accès à un logement sûr, adéquat et abordable touchent les groupes à faible revenu, libanais comme non libanais, dans le contexte des multiples crises auxquelles le pays est confronté.

Les travaux d’ONU-Habitat sur les politiques du logement au Liban mettent également en évidence des problèmes structurels concernant les marchés du logement, son financement et sa production. Son guide sur l’intégration du logement dans la politique urbaine nationale examine l’évolution de ces difficultés parallèlement à la crise économique.

Ces constats soulignent la nécessité de relier l’aide au logement d’urgence à une stratégie de long terme. Le Liban a besoin de mesures qui répondent aux vulnérabilités immédiates tout en élargissant l’accès à des logements abordables, sûrs et correctement desservis.

L’instabilité résidentielle affecte aussi d’autres droits. Des déménagements fréquents peuvent interrompre la scolarité des enfants. Le surpeuplement et un assainissement insuffisant peuvent nuire à la santé. L’éloignement des lieux de travail peut augmenter les frais de transport et réduire les revenus. Un logement inaccessible peut limiter l’autonomie et la participation des personnes handicapées.

Une politique du logement fondée sur les droits humains doit tenir compte de ces liens.

Protéger les habitations et soutenir les communautés déplacées

Les destructions liées aux conflits placent le logement au cœur du relèvement du Liban. Perdre son habitation peut également signifier perdre ses documents, ses moyens de subsistance, ses biens, ses réseaux de soutien et son sentiment d’appartenance.

Les rapports des Nations Unies sur les droits humains ont documenté les décès et les déplacements durant l’escalade de 2026. Ces constats renforcent l’importance de la protection des civils et de l’examen des violations potentielles dans la réponse au conflit.

Pour les ménages déplacés, l’hébergement d’urgence doit garantir la sécurité, l’intimité, l’assainissement, l’accessibilité et la protection contre l’exploitation. Les familles doivent également disposer d’informations claires sur l’assistance, les possibilités réalistes de logement et les mécanismes de plainte.

Le passage de l’hébergement d’urgence à des solutions durables exige une planification attentive. Le retour doit être volontaire, sûr et digne, et reposer sur des informations fiables concernant l’état des bâtiments, les services essentiels et les risques de sécurité. Les familles ne doivent pas être poussées à rejoindre des habitations dangereuses du seul fait de la fermeture de leur hébergement temporaire.

Les documents relatifs au logement, aux terres et aux biens méritent aussi une attention particulière. Les programmes d’aide doivent prévoir des procédures équitables pour examiner les demandes lorsque les documents ont été perdus, que les registres sont incomplets ou que les modalités d’occupation sont informelles. Les droits des locataires et des autres occupants légitimes doivent être pris en compte aux côtés de ceux des propriétaires.

Reconstruire les quartiers et rétablir la vie communautaire

La reconstruction doit rétablir les conditions qui rendent un quartier habitable. Un appartement réparé demeure inadéquat si les réseaux d’eau, les routes, le drainage, les écoles ou les services de santé environnants sont inutilisables.

Les actions d’ONU-Habitat à Beyrouth après l’explosion du port illustrent l’intérêt d’associer la réhabilitation des logements au relèvement urbain. Ses projets ont répondu aux besoins des zones urbaines vulnérables et des ménages touchés.

Cette approche encourage une planification intégrée de la reconstruction au Liban : évaluer les bâtiments conjointement avec les infrastructures, les moyens de subsistance, l’accessibilité et les besoins des communautés.

Les programmes de relèvement doivent aussi permettre aux habitants de rester dans leurs quartiers ou d’y revenir. La réhabilitation soutenue par des fonds publics doit comporter des garanties contre les déplacements provoqués par des hausses de loyer devenues inabordables ou par des modifications des conditions d’occupation après les travaux.

Les habitants doivent participer à la définition des priorités et à la conception des interventions. Leur connaissance des quartiers peut révéler des obstacles que les évaluations techniques ne repèrent pas, notamment des itinéraires dangereux, des entrées inaccessibles, des services manquants et des menaces pour la vie communautaire.

Rendre le logement abordable

L’accessibilité financière doit constituer un objectif central de la réponse au logement au Liban. Un logement n’est pas abordable lorsque son coût empêche le ménage de satisfaire ses autres besoins essentiels.

Parmi les options à examiner figurent l’aide ciblée au paiement des loyers, la réhabilitation des logements existants, les programmes de location abordable, le logement social et les initiatives coopératives ou portées par les communautés. Chaque option nécessite des critères d’éligibilité clairs, un financement durable et un contrôle indépendant.

Le financement du logement doit également répondre aux besoins des ménages disposant de revenus modestes ou irréguliers. L’élargissement de l’accès au crédit ne suffira pas à répondre à tous les besoins, notamment lorsque les remboursements imposeraient une charge financière insoutenable.

Les mesures doivent protéger les locataires tout en tenant compte de la situation des petits propriétaires qui peuvent eux aussi dépendre des revenus locatifs. Des mécanismes équitables de règlement des différends et une assistance soigneusement conçue peuvent prévenir des pertes de logement évitables.

L’objectif doit être de diversifier les possibilités de logement et d’orienter les ressources publiques vers les ménages dont les besoins ont le moins de chances d’être satisfaits par le marché.

Garantir la sécurité d’occupation et prévenir les expulsions forcées

Les personnes doivent pouvoir raisonnablement compter sur la possibilité de rester dans leur logement et d’obtenir une protection juridique en cas de différend. La sécurité d’occupation concerne la propriété, la location et les autres formes d’occupation.

Les normes internationales exigent des garanties contre les expulsions forcées. Les orientations des Nations Unies soulignent l’importance de la protection juridique et de solutions de remplacement appropriées lorsque les personnes concernées ne peuvent subvenir elles-mêmes à leurs besoins.

Pour le Liban, les priorités comprennent l’accès au conseil juridique, des procédures claires, une véritable consultation, un préavis approprié et des recours effectifs. Les différends relatifs au logement doivent être traités par des procédures légales qui prennent en compte leurs conséquences pour les ménages concernés.

Lorsqu’un déplacement est nécessaire en raison d’un risque structurel grave, les autorités doivent associer les mesures de protection à un hébergement adapté et à un soutien effectif. La prévention des dommages physiques et celle du sans-abrisme doivent être poursuivies ensemble.

Assurer un accès égal au logement

Une politique inclusive doit répondre à la diversité des besoins et des obstacles.

Pour les personnes handicapées, l’accessibilité doit être intégrée aux logements, aux entrées, aux cheminements, aux services et aux liaisons de transport. Une conception adaptable peut également aider les personnes âgées à continuer de vivre dans leur communauté.

Les femmes confrontées à la violence peuvent avoir besoin d’un hébergement sûr et confidentiel, ainsi que de solutions leur permettant d’accéder à un logement indépendant. Les enfants ont besoin de conditions de vie stables qui soutiennent leur scolarité, leur santé et leur développement. Les personnes âgées peuvent nécessiter la proximité des services de soins et une protection contre l’isolement.

Les réfugiés et les travailleurs migrants peuvent rencontrer des obstacles supplémentaires lorsqu’ils recherchent un logement sûr ou demandent réparation. La protection en matière de logement et l’assistance essentielle doivent être fournies sans discrimination.

Ces préoccupations doivent être intégrées dès la conception des programmes. L’évaluation des résultats selon le revenu, le handicap, l’âge, le genre et la situation de déplacement peut aider à déterminer si l’assistance atteint les personnes confrontées aux obstacles les plus importants.

Services essentiels, capacités municipales et résilience climatique

La qualité du logement dépend du quartier autant que de l’habitation. L’eau, l’assainissement, l’électricité, la collecte des déchets, la sécurité des rues et les transports accessibles façonnent les conditions de vie quotidiennes.

Les interventions d’ONU-Habitat dans les quartiers insuffisamment desservis de Beyrouth relient l’amélioration des infrastructures et des services essentiels aux efforts visant à améliorer les conditions de vie des communautés d’accueil et des réfugiés.

Les municipalités jouent un rôle essentiel dans l’identification des besoins et la coordination des réponses locales. Elles doivent disposer de ressources suffisantes, d’un appui technique et d’une coopération effective avec les autorités nationales.

La résilience environnementale doit également guider les investissements dans le logement. L’exposition aux inondations, aux fortes chaleurs, aux constructions dangereuses et à un drainage insuffisant peut menacer les habitations et la santé. Les travaux de réhabilitation et les nouvelles constructions doivent intégrer l’évaluation des risques, des normes de sécurité adaptées et une utilisation efficace de l’énergie et de l’eau.

L’amélioration des quartiers existants peut offrir des possibilités concrètes de renforcer leur résilience tout en réduisant les dépenses des ménages.

Vers une stratégie nationale du logement fondée sur les droits

La Journée mondiale de l’habitat 2026 offre au Liban l’occasion de développer un programme coordonné assorti d’objectifs mesurables. Les priorités devraient comprendre :

  • Évaluer les besoins : recueillir des données fiables sur le coût du logement, le sans-abrisme, le surpeuplement, les bâtiments dangereux, l’accessibilité et les déplacements.
  • Élargir les options abordables : associer l’aide locative, la réhabilitation et les programmes de logement à long terme adaptés aux différentes situations des ménages.
  • Protéger la sécurité d’occupation : renforcer l’assistance juridique, les procédures équitables et les recours contre la perte arbitraire du logement.
  • Soutenir des solutions durables : relier l’hébergement d’urgence à des choix résidentiels volontaires, sûrs et dignes.
  • Rendre la reconstruction inclusive : rétablir les infrastructures et les services tout en protégeant les habitants contre de nouveaux déplacements.
  • Garantir l’accessibilité et l’égalité : intégrer les besoins des personnes handicapées et des groupes insuffisamment desservis dans la planification et le financement.
  • Renforcer les municipalités : fournir les ressources et les capacités techniques nécessaires à l’amélioration locale des logements et des quartiers.
  • Assurer la transparence : publier les critères d’éligibilité, les allocations financières et les résultats des programmes, avec des mécanismes de plainte accessibles.

La coordination doit relier les politiques du logement à la protection sociale, à l’administration foncière, à l’urbanisme, à l’éducation, à la santé et à la protection de l’environnement. Les habitants et la société civile doivent pouvoir contribuer de manière effective à ces démarches.

Le rôle de la NHRC-CPT

Créée par la loi no 62/2016, la NHRC-CPT constitue un cadre indépendant pour la protection et la promotion des droits humains au Liban. Son mandat permet d’aborder les préoccupations relatives au logement dans le contexte plus large de l’exercice des droits.

Dans le cadre de ce mandat, les domaines d’action pertinents comprennent le suivi des violations liées au logement, la réception des plaintes, l’examen des politiques et des textes législatifs, la sensibilisation et la formulation de recommandations pour remédier à l’exclusion.

La Commission peut également encourager les autorités publiques et leurs partenaires à évaluer les programmes de logement au regard des normes relatives aux droits humains, notamment l’accessibilité, la non-discrimination, la participation et l’accès aux recours.

Le logement adéquat doit devenir un critère central d’évaluation du relèvement du Liban. Les progrès doivent être appréciés à travers la capacité des personnes à vivre en sécurité, à couvrir leurs besoins essentiels, à préserver leurs liens communautaires et à obtenir une protection lorsque leurs droits sont menacés.

La Journée mondiale de l’habitat offre l’occasion de placer ces résultats au cœur des priorités nationales et de traduire l’engagement en faveur d’« un logement adéquat pour tous » en améliorations concrètes dans la vie des personnes.

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NHRCLB
NHRCLBhttps://nhrclb.org
مؤسسة وطنية مستقلة منشأة بموجب القانون 62/ 2016، تتضمن آلية وقائية وطنية للتعذيب (لجنة الوقاية من التعذيب) عملاً بأحكام القانون رقم 12/ 2008 (المصادقة على البروتوكول الاختياري لاتفاقية مناهضة التعذيب). An independent national institution established under Law No. 62/2016, which includes a National Preventive Mechanism against torture (the Committee for the Prevention of Torture), in accordance with the provisions of Law No. 12/2008 (ratifying the Optional Protocol to the Convention against Torture). Une institution nationale indépendante établie en vertu de la loi n° 62/2016, qui comprend un mécanisme national de prévention de la torture (le Comité pour la prévention de la torture), conformément aux dispositions de la loi n° 12/2008 (ratifiant le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture).