Le président de la Commission nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture (CNDH-CPT), Dr Fadi Gerges, et le commissaire chargé des relations internationales, M. Bassam Al Kantar, ont reçu, au siège de la Commission à Beyrouth, une délégation composée de M. Mohammad Safa, président du Centre Khiam pour la réhabilitation des victimes de la torture, du Dr Mohammad Tay, directeur de l’Observatoire de Qana pour les droits de l’homme, et de la juriste et défenseuse des droits humains, Dr Marwa Dib.
La réunion a porté sur les efforts déployés aux niveaux national et international en vue de faire adopter par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies un projet de résolution concernant les citoyens libanais détenus et victimes de disparition forcée en Israël. Les participants ont également examiné les voies juridiques et diplomatiques nécessaires pour déterminer leur sort, protéger leurs droits et œuvrer à leur libération.
M. Safa a expliqué que le Centre Khiam et l’Observatoire de Qana s’emploient à promouvoir le projet de résolution aux niveaux national et international, notamment par le dialogue et la concertation avec la Direction des organisations internationales du ministère des Affaires étrangères et des Émigrés, ainsi qu’avec la Mission permanente du Liban auprès de l’Organisation des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève. Ces efforts comprennent également une série de rencontres et de visites diplomatiques et politiques menées par la délégation.

Il a indiqué que ces démarches visent à mettre en place une campagne de plaidoyer globale afin d’amener le gouvernement libanais à adopter le projet de résolution et à charger la Mission permanente du Liban à Genève de le soumettre officiellement au Conseil des droits de l’homme, de mobiliser le soutien international en sa faveur et de demander sa mise aux voix.
Pour sa part, le Dr Gerges a souhaité la bienvenue à la délégation, affirmant que les portes de la Commission demeurent ouvertes à toutes les organisations de défense des droits humains et à toutes les parties engagées dans la défense des droits des victimes. Il a souligné que la Commission accorde une attention particulière au dossier des Libanais détenus, portés disparus ou victimes de disparition forcée, tout en saluant les efforts visant à maintenir cette question à l’ordre du jour national et international.
Le Dr Gerges a insisté sur l’importance de fonder la version définitive du projet de résolution sur le texte initialement élaboré par la Commission nationale des droits de l’homme et transmis à la présidence du Conseil des ministres. Une telle démarche permettrait de renforcer la qualification juridique des faits, d’assurer la conformité des revendications avec le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, et de favoriser l’élaboration d’une position officielle libanaise unifiée.
De son côté, M. Al Kantar a déclaré :
« L’action diplomatique menée au sein des Nations Unies s’inscrit dans un processus long et intégré visant à obtenir la libération des citoyens libanais détenus par les autorités israéliennes, à déterminer le sort des personnes victimes de disparition forcée et à garantir que les responsables des violations commises à leur encontre rendent compte de leurs actes. »
Il a souligné la nécessité d’adopter une qualification juridique précise pour chaque cas, en fonction des circonstances de l’arrestation et du statut juridique de la personne concernée. Il a insisté sur l’importance de distinguer les civils enlevés par les autorités d’occupation — dont certains peuvent être libérés ultérieurement tandis que d’autres citoyens sont arrêtés — des combattants qui étaient parties au conflit armé et auxquels peuvent s’appliquer, selon les circonstances propres à chaque cas, le statut de prisonnier de guerre et les garanties prévues par les Conventions de Genève.
M. Al Kantar a mis en garde contre le fait de soumettre à des poursuites pénales devant les tribunaux israéliens les détenus bénéficiant du statut de prisonnier de guerre, en violation des protections que leur garantit le droit international humanitaire. Il a également alerté sur le risque qu’ils soient soumis à des procès inéquitables et condamnés à de lourdes peines pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité ou à la peine de mort.
Il a affirmé que la diversité des statuts juridiques des détenus exige l’adoption de démarches parallèles et complémentaires, adaptées à la situation de chaque personne, sans porter atteinte au droit de quiconque à une protection juridique et humanitaire.
M. Al Kantar a ajouté que la Commission avait été parmi les premières à rendre publique sa position sur le texte du « Cadre trilatéral entre les États-Unis d’Amérique, l’État d’Israël et la République libanaise », notamment concernant les dispositions relatives à l’engagement de s’abstenir de toute action hostile ou antagoniste devant les instances politiques ou juridiques internationales, ainsi qu’à la recherche et à la restitution des dépouilles et à la libération des détenus.
La Commission a réaffirmé qu’il ne saurait être permis, ni juridiquement ni humainement, d’établir un lien entre le dossier des citoyens libanais vivants qui ont été détenus et transférés en Israël — dont certains sont toujours détenus ou dont le sort demeure inconnu — et celui des dépouilles de soldats israéliens portés disparus depuis plusieurs décennies lors d’opérations militaires menées sur le territoire libanais.
Elle a souligné que la recherche des dépouilles des personnes disparues ou décédées dans le contexte de conflits armés, y compris celles des soldats israéliens portés disparus, constitue une obligation humanitaire distincte imposée par le droit international humanitaire. Cette obligation ne peut être utilisée comme instrument de négociation ni être liée aux droits des personnes vivantes détenues ou victimes de disparition forcée. Elle ne saurait davantage être transformée en condition justifiant la poursuite de leur privation de liberté.

Conférence de presse pour le lancement du projet de résolution
À l’issue de la réunion, les participants sont convenus d’organiser une conférence de presse consacrée au lancement du projet de résolution relatif aux détenus libanais victimes de disparition forcée en Israël, en vue de sa présentation au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.
La conférence sera organisée par le Centre Khiam pour la réhabilitation des victimes de la torture et l’Observatoire de Qana pour les droits de l’homme, en présence des familles des prisonniers, des détenus et des personnes victimes de disparition forcée, ainsi qu’avec la participation des médias, des organisations de défense des droits humains et des parties concernées.
📅 Date : mardi 15 septembre 2026
🕚 Heure : 11 heures
📍 Lieu : siège de la Commission nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture, immeuble Serhal, premier étage, boulevard Sami El-Solh, Beyrouth.
📝 Inscription et participation :
https://nhrclb.org/event-registration
🗺️ Itinéraire vers le siège de la Commission sur Google Maps :
https://maps.app.goo.gl/A48CY655WDynYKS37
Les participants ont affirmé qu’une large participation à la conférence de presse contribuerait à renforcer la campagne nationale et internationale de plaidoyer visant à déterminer le sort des détenus et des personnes victimes de disparition forcée, à obtenir leur libération et à garantir leurs droits ainsi que ceux de leurs familles.
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