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Des experts des Nations Unies appellent à une enquête internationale indépendante sur les assassinats de journalistes par Israël.

Le meurtre ciblé de trois journalistes libanais constitue une nouvelle atteinte flagrante à la liberté de la presse par les forces israéliennes et doit faire l’objet d’une enquête rapide, complète et indépendante menée par un organisme international, ont déclaré aujourd’hui des experts des Nations Unies*.

« Nous dénonçons fermement ce qui est désormais devenu une pratique standard et dangereuse d’Israël consistant à cibler et à tuer des journalistes, puis à affirmer, sans fournir de preuves crédibles, qu’ils étaient liés à des groupes armés », ont déclaré les experts.

Le 28 mars, les forces israéliennes ont tué le journaliste d’Al Manar TV Ali Shoeib, ainsi que la journaliste d’Al Mayadeen Fatima Ftouni et le caméraman Mohamed Ftouni, lors d’une série de frappes ciblées contre leur véhicule alors qu’ils circulaient dans la région de Jezzine, au Liban, dans le cadre d’une mission de reportage.

« Les journalistes qui exercent leurs fonctions professionnelles dans un conflit armé sont des civils et ne doivent pas être pris pour cible ni faire l’objet d’attaques », ont souligné les experts. « Le meurtre délibéré de journalistes ne participant pas directement aux hostilités constitue une violation grave du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, ainsi qu’un crime de guerre. »

« La seule “preuve” présentée jusqu’à présent par les forces israéliennes pour étayer leurs allégations est, selon leurs propres dires, une image truquée (photoshopée) d’Ali Shoeib – une démonstration flagrante de leur mépris pour le droit international », ont-ils déclaré.

Les experts ont souligné que le fait de travailler comme journaliste pour un média lié à un groupe armé ou de diffuser de la propagande ne constitue pas, en soi, une participation directe aux hostilités au regard du droit international humanitaire. « Les responsables israéliens le savent, mais choisissent de l’ignorer – encouragés par l’impunité dont ils ont bénéficié pour leurs précédents assassinats de journalistes au Liban, à Gaza et en Cisjordanie. »

« Le meurtre ciblé de journalistes constitue une tentative abominable d’Israël de faire taire les reportages sur ses opérations militaires actuelles au Liban et d’étouffer la couverture médiatique des crimes de guerre commis, comme cela a été le cas à Gaza. »

Au moins 259 journalistes et professionnels des médias ont été tués par Israël depuis 2023, dont 210 journalistes palestiniens à Gaza et 14 journalistes au Liban. Au moins 64 d’entre eux semblent avoir été directement pris pour cible.

« Les États qui se présentent comme des défenseurs de la liberté des médias à l’échelle mondiale ne peuvent rester silencieux et doivent faire pression sur Israël pour qu’il mette fin aux campagnes de diffamation et aux assassinats ciblés de journalistes au Liban et dans le territoire palestinien occupé », ont déclaré les experts.

Ils ont appelé le gouvernement libanais à documenter et préserver les preuves, et à inviter une enquête internationale indépendante sur le meurtre de journalistes libanais par Israël.

« Nous sommes prêts à offrir notre soutien et notre assistance dans le cadre de nos mandats », ont indiqué les experts. « Des enquêtes internationales indépendantes et des mécanismes de responsabilisation doivent être utilisés comme des outils pour mettre fin à l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes et garantir le droit de leurs familles à la vérité, à la justice et à réparation. »

« Les assassinats ciblés et les campagnes de diffamation menés par Israël contre les journalistes doivent cesser », ont-ils conclu.

Les experts sont en contact avec le gouvernement israélien à ce sujet.

*Les experts :

Irene Khan, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression
Morris Tidball-Binz, Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires
Ben Saul, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte contre le terrorisme

Les Rapporteurs spéciaux, experts indépendants et groupes de travail sont des experts indépendants en droits de l’homme nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Ensemble, ils constituent les « Procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Les experts des Procédures spéciales exercent leurs fonctions à titre volontaire ; ils ne sont pas membres du personnel de l’ONU et ne perçoivent aucun salaire pour leur travail. Bien que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme assure le secrétariat des Procédures spéciales, les experts agissent à titre personnel et sont indépendants de tout gouvernement ou organisation, y compris du HCDH et de l’ONU. Les opinions exprimées sont uniquement celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de l’ONU ou du HCDH.

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مؤسسة وطنية مستقلة منشأة بموجب القانون 62/ 2016، تتضمن آلية وقائية وطنية للتعذيب (لجنة الوقاية من التعذيب) عملاً بأحكام القانون رقم 12/ 2008 (المصادقة على البروتوكول الاختياري لاتفاقية مناهضة التعذيب). An independent national institution established under Law No. 62/2016, which includes a National Preventive Mechanism against torture (the Committee for the Prevention of Torture), in accordance with the provisions of Law No. 12/2008 (ratifying the Optional Protocol to the Convention against Torture). Une institution nationale indépendante établie en vertu de la loi n° 62/2016, qui comprend un mécanisme national de prévention de la torture (le Comité pour la prévention de la torture), conformément aux dispositions de la loi n° 12/2008 (ratifiant le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture).