« La seule “preuve” présentée jusqu’à présent par les forces israéliennes pour étayer leurs allégations est, selon leurs propres dires, une image truquée (photoshopée) d’Ali Shoeib – une démonstration flagrante de leur mépris pour le droit international », ont-ils déclaré.
Les experts ont souligné que le fait de travailler comme journaliste pour un média lié à un groupe armé ou de diffuser de la propagande ne constitue pas, en soi, une participation directe aux hostilités au regard du droit international humanitaire. « Les responsables israéliens le savent, mais choisissent de l’ignorer – encouragés par l’impunité dont ils ont bénéficié pour leurs précédents assassinats de journalistes au Liban, à Gaza et en Cisjordanie. »
« Le meurtre ciblé de journalistes constitue une tentative abominable d’Israël de faire taire les reportages sur ses opérations militaires actuelles au Liban et d’étouffer la couverture médiatique des crimes de guerre commis, comme cela a été le cas à Gaza. »
Au moins 259 journalistes et professionnels des médias ont été tués par Israël depuis 2023, dont 210 journalistes palestiniens à Gaza et 14 journalistes au Liban. Au moins 64 d’entre eux semblent avoir été directement pris pour cible.
« Les États qui se présentent comme des défenseurs de la liberté des médias à l’échelle mondiale ne peuvent rester silencieux et doivent faire pression sur Israël pour qu’il mette fin aux campagnes de diffamation et aux assassinats ciblés de journalistes au Liban et dans le territoire palestinien occupé », ont déclaré les experts.
Ils ont appelé le gouvernement libanais à documenter et préserver les preuves, et à inviter une enquête internationale indépendante sur le meurtre de journalistes libanais par Israël.
« Nous sommes prêts à offrir notre soutien et notre assistance dans le cadre de nos mandats », ont indiqué les experts. « Des enquêtes internationales indépendantes et des mécanismes de responsabilisation doivent être utilisés comme des outils pour mettre fin à l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes et garantir le droit de leurs familles à la vérité, à la justice et à réparation. »
« Les assassinats ciblés et les campagnes de diffamation menés par Israël contre les journalistes doivent cesser », ont-ils conclu.
Les experts sont en contact avec le gouvernement israélien à ce sujet.
*Les experts :
Irene Khan, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression
Morris Tidball-Binz, Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires
Ben Saul, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte contre le terrorisme
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