Dans une démarche reflétant une volonté de réactiver les institutions consultatives nationales, le Conseil des ministres libanais a adopté le décret de formation du Conseil économique, social et environnemental, dans le cadre d’un processus visant à moderniser sa structure et à élargir sa représentation sectorielle, renforçant ainsi son rôle en tant que plateforme nationale inclusive de dialogue entre l’État et les différentes composantes du tissu productif.
Le décret a été publié au Journal officiel, conformément à la loi n° 389 du 12 janvier 1995 et à ses amendements relatifs à la création du Conseil, ainsi qu’au décret réglementaire définissant les instances les plus représentatives des secteurs qui le composent. Cette nouvelle configuration intervient à un moment critique pour le Liban, où le besoin de politiques économiques, sociales et environnementales intégrées se fait de plus en plus pressant face aux défis croissants.
Les nominations au sein du Conseil économique, social et environnemental ont été réparties entre les différents secteurs de manière à refléter une large diversité professionnelle et représentative. Le groupe des employeurs comprend des représentants du secteur industriel (Georges Nasraoui, Mounir Bsat), du secteur commercial (Mohammad Choucair, Adnan Rammal), du secteur agricole (Imran Fakhri, Najib Fares), du secteur bancaire (Marwan Barakat, Elias Baz) et du secteur touristique (Wadieh Kanaan, Khaled Nazha), ainsi que des représentants des secteurs du transport (Bassam Tleis), des entrepreneurs (Abdo Sakriyeh), de l’assurance (Assaad Mirza), de l’hospitalisation privée (Boutros Bard), de l’enseignement privé (Youssef Nasr), de la technologie (Maroun Chamas) et de l’immobilier (Mohammad Abou Darwish).
La représentation des professions libérales inclut également les barreaux (Aline Choukeir, Zahra Al Jisr), les ingénieurs (Jihad Chahine, Chawki Fattfat), les médecins (Boulos Daher, Ibrahim Makdessi), les pharmaciens (Samer Soubra), les chirurgiens-dentistes (Ziad Zeidan, Milad Deeb), les experts-comptables agréés (Fadi Al Masri), ainsi que les représentants des propriétaires de journaux (Charles Ayoub) et des rédacteurs (Joseph Kossaifi).
Sur le plan syndical, le Conseil comprend des représentants des travailleurs (dont Bechara Al Asmar, Hassan Faqih, Saad Saqr, Antoine Antoine, Chadi Al Sayyed, Fadi Andrea, entre autres), des enseignants universitaires (Anis Boudiab, Mireille Chayaq), des artisans (Youssef Bassam, Elie Chbatini), des enseignants du secteur public et privé (Nehmeh Mahfouz, Hussein Jawad), de l’Union des écrivains (Ahmad Nazzal), de l’Union des éditeurs (Shahin Kandaharian), des propriétaires immobiliers (Patrick Rizkallah) et des locataires (Maya Bajara).
La composition inclut également des représentants des coopératives (Reda Al Mays, Abbas Nasser), des organisations sociales non gouvernementales (Zeina Mohanna, Ahmad Jomaa, Sara Nasser), des unions féminines (Loris Sfeir, Hind Al Soufi), ainsi que des personnalités reconnues pour leur expertise et leur réflexion (dont Charles Arbid, Karim Bitar, Chadi Hamadeh, Salah Assiran, Georges Doueihy, Tarek Ammar, Imad Assi, entre autres), des Libanais de la diaspora (Mohammad Al Jozou, Abdel Hussein Baydoun, Joseph Nahra, Badawi Al Hajj, Henri Bou Saab, Charbel Younan), ainsi que des représentants du secteur environnemental (Malek Ghandour, Marc Aoun) et de la société civile (Judith Tannous, Ziad Abdel Samad, Zeina Helou, Adib Nehmeh).
Cette composition reflète une approche globale réunissant les secteurs traditionnels et émergents dans une vision plus intégrée de l’élaboration des politiques publiques.
Élargissement de la représentation sectorielle
Les nouvelles nominations se distinguent par l’introduction, pour la première fois, de secteurs émergents dans la composition du Conseil, reflétant une évolution dans la compréhension des priorités de la phase actuelle. La nouvelle représentation inclut ainsi les secteurs de l’environnement, de la société civile, de la technologie et de l’immobilier, aux côtés des secteurs traditionnels tels que l’industrie, le commerce, l’agriculture, la banque et le tourisme, ainsi que les professions libérales.
L’intégration du secteur de l’environnement est perçue comme un indicateur clair de l’inclusion de la dimension environnementale dans les politiques publiques, dans un contexte marqué par des défis climatiques et environnementaux croissants. De même, la représentation de la société civile constitue une avancée vers le renforcement de la participation citoyenne aux processus décisionnels, tandis que la présence du secteur technologique traduit une reconnaissance accrue de l’importance de l’économie numérique et de la transformation technologique. L’introduction du secteur immobilier, quant à elle, s’inscrit dans une démarche de réorganisation de l’un des secteurs les plus influents de l’économie nationale.
Renouvellement élargi de la structure du Conseil
Selon les données officielles, le Conseil compte désormais 80 membres dans sa nouvelle composition, contre 71 dans les configurations précédentes, ce qui traduit un élargissement de la base de représentation. Il est à noter qu’environ 78 % des membres sont de nouveaux visages, ce qui constitue un indicateur clair d’un renouvellement profond de la structure du Conseil.
La participation des femmes atteint environ 18,75 %, reflétant une amélioration relative de leur représentation, bien qu’elle demeure en deçà du niveau requis pour assurer un véritable équilibre de genre au sein des institutions nationales.
Le changement ne se limite pas aux noms, mais s’étend à la nature des expertises et des spécialités représentées. On observe notamment une présence marquée de compétences techniques, scientifiques et professionnelles spécialisées, ce qui devrait avoir un impact positif sur la qualité des délibérations au sein du Conseil ainsi que sur le niveau des recommandations qu’il formule.
Vers la réactivation de l’action institutionnelle
Dans sa nouvelle configuration, le Conseil économique, social et environnemental est appelé à jouer un rôle plus efficace dans l’élaboration des politiques publiques, notamment dans un contexte marqué par les multiples crises économiques et sociales auxquelles le Liban est confronté. En vertu de sa loi, le Conseil constitue une instance consultative nationale chargée d’émettre des avis sur les projets de loi et les politiques publiques, tout en favorisant le dialogue entre l’État et les secteurs productifs, professionnels et syndicaux.
La nouvelle composition, riche de sa diversité et de ses expertises, devrait renforcer la capacité du Conseil à proposer des approches globales et intégrées, prenant en compte simultanément les dimensions économiques, sociales et environnementales.
Il est attendu que le doyen d’âge convoque prochainement la première séance du Conseil, suivie de l’élection du président et du bureau au début du mois d’avril. Cette étape sera suivie par la formation des commissions spécialisées, qui constituent le pilier central du fonctionnement du Conseil.
Ces étapes représentent un moment charnière pour évaluer la capacité du Conseil à traduire ce renouvellement structurel en performance effective, et à produire des recommandations concrètes et applicables, en phase avec les défis actuels et les attentes des citoyens.
Cette dynamique traduit une volonté sérieuse d’insuffler un nouvel élan aux institutions nationales et de réactiver les cadres consultatifs qui ont longtemps constitué un levier essentiel dans l’élaboration des politiques publiques. Elle reflète également une orientation vers la valorisation de l’expertise et des compétences dans l’action publique, au détriment des logiques traditionnelles de répartition.
Le principal défi pour le Conseil dans la période à venir sera de transformer cet élan en résultats concrets, à travers la formulation de recommandations opérationnelles, le suivi de leur mise en œuvre, et le renforcement de son rôle en tant qu’acteur de référence dans les débats économiques, sociaux et environnementaux.
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