À l’occasion de la Journée internationale des femmes 2026, la Commission nationale des droits de l’homme du Liban, y compris le Comité pour la prévention de la torture (NHRC-CPT), se joint à la communauté internationale pour commémorer cette journée importante placée cette année sous le thème « Donner pour gagner ». Ce thème met en lumière une idée puissante et transformatrice : lorsque nous accordons soutien, opportunités, protection et solidarité aux femmes et aux filles, c’est l’ensemble de la société qui gagne en justice, en résilience et en développement durable.
La commémoration de cette année intervient à un moment particulièrement difficile pour le Liban. Le pays fait actuellement face à une grave crise humanitaire et sécuritaire résultant de l’escalade des hostilités armées et des déplacements massifs de population dans le contexte de la guerre israélienne en cours contre le Liban en 2026, ce qui exerce une pression supplémentaire sur un contexte économique et social déjà fragile. L’intensification des violences, les frappes aériennes répétées et le déplacement de milliers de familles dans plusieurs régions du pays ont gravement perturbé l’accès aux services essentiels, notamment les soins de santé, l’éducation, les services de protection et les moyens de subsistance.
Comme dans de nombreux conflits armés à travers le monde, les femmes et les filles figurent parmi les populations les plus durement touchées par les conséquences de la guerre et du déplacement. Les conflits armés exacerbent les inégalités préexistantes et augmentent les risques auxquels les femmes sont exposées, notamment l’exposition aux violences fondées sur le genre, l’insécurité économique, l’accès limité aux soins de santé et les interruptions dans l’éducation et les possibilités d’emploi. Les femmes assument souvent la responsabilité principale de prendre soin des familles déplacées, des enfants et des personnes âgées, tout en faisant face à l’effondrement des filets de sécurité sociaux et économiques.
Les périodes de conflit et d’instabilité ont souvent pour effet d’accentuer les discriminations structurelles et de réduire la participation des femmes aux processus décisionnels, alors même qu’elles jouent un rôle crucial dans les réponses humanitaires, la résilience des communautés et les efforts de consolidation de la paix. Dans ce contexte, faire progresser les droits des femmes n’est pas seulement une question de justice, mais aussi un élément essentiel de la reconstruction nationale, de la stabilité sociale et d’une paix durable.
Dans ce contexte particulièrement difficile, la Journée internationale des femmes constitue à la fois un moment de solidarité et un appel à l’action. Le thème « Donner pour gagner » nous rappelle qu’investir dans les droits, la protection et le leadership des femmes renforce la capacité des sociétés à surmonter les crises et à construire un avenir plus équitable.
Les droits des femmes comme pilier des droits humains
Célébrée dans le monde entier depuis 1911, la Journée internationale des femmes représente bien plus qu’un moment symbolique de reconnaissance. Elle constitue une journée de réflexion, de mobilisation et d’action collective consacrée à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et à la défense des droits des femmes. Depuis plus d’un siècle, ce mouvement s’est transformé en une plateforme mondiale qui aborde les inégalités structurelles affectant encore les femmes dans des domaines tels que la participation politique, l’autonomisation économique, l’éducation, l’accès à la justice et la protection contre les violences.
La NHRC-CPT réaffirme que l’égalité entre les femmes et les hommes constitue à la fois une exigence fondamentale en matière de droits humains et une obligation juridique, fondée sur le droit international des droits de l’homme et sur les engagements pris par le Liban dans le cadre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) ainsi que d’autres instruments internationaux relatifs aux droits humains.
Les mécanismes internationaux ont à plusieurs reprises souligné la nécessité pour les États d’adopter des mesures institutionnelles et législatives permettant de remédier aux inégalités persistantes entre les femmes et les hommes et de placer les femmes au centre des stratégies de relèvement lors des crises et des situations d’urgence.
La réalisation des droits des femmes est également essentielle pour atteindre l’Objectif de développement durable n° 5, qui appelle à l’élimination de toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des filles partout dans le monde.
Progrès réalisés et défis persistants
Le Liban a connu certaines avancées législatives visant à renforcer la protection des droits des femmes. Parmi ces évolutions figurent la modification de la loi n° 293 relative à la protection des femmes et des membres de la famille contre la violence domestique, ainsi que l’adoption de la loi n° 205 criminalisant le harcèlement sexuel et soutenant les victimes, deux mesures importantes pour lutter contre les violences fondées sur le genre.
Malgré ces progrès, les défis structurels demeurent importants. Les femmes continuent de faire face à des obstacles en matière de représentation politique, de participation économique et d’accès à la justice. Des dispositions juridiques discriminatoires persistent, notamment dans les lois relatives à la nationalité et dans les régimes de statut personnel, limitant la capacité des femmes à jouir de droits égaux au sein de la famille et de la société.
Les organes internationaux de protection des droits humains ont également exprimé leur préoccupation face à la sous-représentation des femmes dans les institutions décisionnelles et ont appelé à l’adoption de mesures spéciales temporaires, y compris des quotas, afin d’accélérer la participation des femmes à la vie politique.
« Donner pour gagner » : un appel à l’action collective
La campagne « Donner pour gagner » de la Journée internationale des femmes 2026 encourage un état d’esprit fondé sur la générosité et la collaboration. Donner, dans ce contexte, ne représente pas une perte, mais un investissement volontaire dans la justice, l’égalité et le progrès collectif.
Donner peut prendre plusieurs formes :
• Donner justice, en garantissant un accès égal aux tribunaux et à la protection juridique.
• Donner protection, en prévenant les violences contre les femmes et en renforçant les mécanismes de responsabilité.
• Donner opportunités, en favorisant le leadership et la participation des femmes dans la vie politique et économique.
• Donner visibilité, en reconnaissant les réalisations des femmes et en remettant en question les stéréotypes nuisibles.
• Donner savoir, en soutenant l’éducation et les initiatives de mentorat.
• Donner ressources, en investissant dans des programmes qui autonomisent les femmes et les filles.
Chaque contribution renforce l’effort collectif visant à bâtir des sociétés plus inclusives. L’égalité de genre ne peut être atteinte par la seule législation ; elle nécessite l’engagement actif des institutions, des communautés et des individus.
Le rôle de la Commission nationale des droits de l’homme
En tant qu’institution nationale des droits de l’homme du Liban, la NHRC-CPT joue un rôle important dans la promotion de l’égalité de genre et la protection des droits des femmes et des filles.
Le mandat de la Commission comprend notamment :
• la surveillance et la documentation des violations des droits humains ;
• l’examen des projets de lois et des politiques publiques afin d’assurer leur conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains ;
• la sensibilisation aux droits humains et à l’égalité de genre ;
• l’examen des plaintes et le plaidoyer en faveur de la responsabilité et de réparations.
Renforcer l’accès des femmes à la justice demeure une priorité essentielle. Les mécanismes internationaux de protection des droits humains ont souligné l’importance de renforcer les capacités des juges, procureurs, avocats et agents chargés de l’application de la loi afin de traiter efficacement les cas de violence et de discrimination fondées sur le genre.
Lutter contre les violences faites aux femmes
Les violences fondées sur le genre demeurent l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. La violence domestique, le harcèlement sexuel, la traite des êtres humains et les violences en ligne continuent de porter atteinte à la sécurité et à la dignité des femmes.
Relever ce défi nécessite une approche globale comprenant :
• le renforcement de la législation et des mécanismes d’application ;
• l’élargissement des services de soutien aux survivantes, notamment les refuges et l’aide juridique ;
• la responsabilisation des auteurs de violences ;
• la promotion de programmes de sensibilisation et de prévention.
Les mécanismes internationaux de protection des droits humains ont également souligné la nécessité d’élargir les services de soutien aux victimes et de garantir la disponibilité d’abris et de mécanismes de protection adéquats pour les femmes confrontées à la violence.
Participation et leadership des femmes
La participation égale des femmes à la vie politique et publique est essentielle pour une gouvernance inclusive et un développement durable. Pourtant, les femmes restent fortement sous-représentées dans les institutions politiques et les processus décisionnels.
Les organes internationaux de protection des droits humains ont recommandé l’adoption de mesures temporaires visant à promouvoir la participation des femmes à la vie politique et aux postes décisionnels au sein des institutions publiques.
Promouvoir le leadership des femmes est essentiel non seulement pour l’égalité de genre, mais aussi pour renforcer la gouvernance démocratique et l’efficacité des politiques publiques.
Soutenir les défenseuses des droits humains
Les femmes défenseuses des droits humains jouent un rôle essentiel dans la promotion de la justice, de la responsabilité et de l’égalité. Les organisations de la société civile et les militantes ont été déterminantes pour faire progresser les droits des femmes et soutenir les survivantes de violences.
La NHRC-CPT souligne l’importance de protéger l’espace civique et de garantir que les défenseuses des droits humains puissent exercer leur travail librement et en toute sécurité.
Construire une culture de l’égalité
La campagne « Donner pour gagner » nous rappelle que l’égalité de genre nécessite une transformation culturelle autant qu’une réforme institutionnelle.
Les individus peuvent contribuer à cette transformation en :
• remettant en question les stéréotypes discriminatoires ;
• soutenant le leadership et les réalisations des femmes ;
• promouvant l’égalité des chances dans les lieux de travail et les communautés ;
• encourageant l’éducation et l’autonomisation des filles ;
• s’opposant au harcèlement et à la violence.
De petits actes de solidarité peuvent générer des effets d’entraînement puissants capables de transformer les sociétés.
Un appel à l’action
À l’occasion de cette Journée internationale des femmes 2026, la Commission nationale des droits de l’homme du Liban appelle :
• les institutions gouvernementales à renforcer les lois et les politiques promouvant l’égalité de genre ;
• le Parlement à accorder la priorité aux réformes législatives visant à éliminer les discriminations à l’égard des femmes ;
• les organisations de la société civile à poursuivre leur plaidoyer en faveur des droits des femmes ;
• les institutions éducatives et les médias à promouvoir l’égalité et à remettre en question les stéréotypes ;
• les communautés et les individus à soutenir l’autonomisation des femmes dans la vie quotidienne.
La Commission encourage également les institutions et les individus à rejoindre le mouvement mondial « Donner pour gagner », en exprimant leur solidarité envers les femmes et les filles par des actions concrètes favorisant l’égalité et la justice.
La Journée internationale des femmes est à la fois une célébration et un rappel. Elle célèbre les réalisations des femmes à travers le monde tout en nous rappelant le travail qui reste à accomplir pour parvenir à une véritable égalité.
Le thème « Donner pour gagner » met en lumière une vérité essentielle : lorsque les sociétés investissent dans les droits des femmes, elles investissent dans leur propre avenir.
Des femmes autonomisées contribuent à des communautés plus fortes, à des économies plus résilientes et à des institutions démocratiques plus inclusives.
En cette Journée internationale des femmes 2026, la Commission nationale des droits de l’homme du Liban, y compris le Comité pour la prévention de la torture, appelle toutes les parties prenantes à donner leur soutien, donner leur voix et donner leur engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Car lorsque les femmes obtiennent des droits, des opportunités et une protection, c’est l’ensemble de la société qui gagne en justice, en dignité et en progrès.
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