La Commission nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture, exprime sa profonde inquiétude face à l’escalade des attaques israéliennes continues contre le Liban.
L’expérience de la guerre de 2024 a démontré que la résilience du système de santé libanais reposait sur trois piliers fondamentaux :
Premièrement : la préparation aux afflux massifs de blessés, à travers l’adoption de systèmes de triage efficaces, le renforcement de la capacité d’accueil des hôpitaux, l’organisation des circuits de référence, l’activation des mécanismes de coordination d’urgence, ainsi que la mise en œuvre d’exercices et de simulations réguliers.
Deuxièmement : la préparation aux déplacements massifs, en assurant la continuité des soins de santé pour les familles contraintes de quitter leur domicile, notamment les patients atteints de maladies chroniques nécessitant des traitements tels que la dialyse ou la chimiothérapie, ainsi que les services de santé maternelle et infantile, en garantissant l’accès aux médicaments et aux soins de santé primaires.
Troisièmement : une gestion logistique rigoureuse, fondée sur l’anticipation des besoins, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et la prévention des pénuries de médicaments et de fournitures médicales essentielles.
La Commission salue le rôle central joué par le ministère de la Santé publique, en particulier à travers le Centre des opérations d’urgence de santé publique, ainsi que le dévouement exceptionnel des professionnels de santé qui ont géré les crises dans des conditions extrêmement complexes. L’évaluation réalisée par le ministère après la guerre, intitulée « Sortir de la crise : réponse du secteur de la santé et enseignements tirés de la guerre de 2024 au Liban », constitue une référence importante pour renforcer la préparation et la capacité de réponse face à d’éventuels chocs futurs.
Les attaques israéliennes répétées ont montré que les hôpitaux, les ambulances, les professionnels de santé et les équipes de premiers secours peuvent devenir des cibles directes, en violation manifeste du droit international humanitaire. La protection des établissements médicaux et de leur personnel n’est pas une option, mais une obligation juridique contraignante pour toutes les parties au conflit. Toute attaque contre ces structures peut constituer une violation grave du droit international et, dans certains cas, s’apparenter à des crimes de guerre.
La Commission souligne que les véritables victimes de toute escalade sont les civils, en particulier les groupes les plus vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les enfants, les personnes déplacées, ainsi que les personnes privées de liberté qui dépendent entièrement de l’État pour garantir leur droit aux soins de santé.
En vertu de son mandat conformément à la loi n° 62/2016, la Commission affirme l’importance de garantir la continuité des soins de santé dans les lieux de détention, les prisons et les centres de rétention, en particulier en situation d’urgence, considérant cela comme partie intégrante de la prévention de la torture et des mauvais traitements.
La Commission appelle à :
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Le respect intégral des dispositions du droit international humanitaire et la garantie de la protection des établissements de santé, de leur personnel et des services d’ambulance.
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La prise de mesures immédiates pour assurer la continuité des soins pour les personnes déplacées et les groupes les plus vulnérables.
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Le renforcement des plans de préparation et d’approvisionnement afin d’éviter toute pénurie de médicaments et de fournitures médicales essentielles.
La Commission nationale des droits de l’homme, incluant le Comité pour la prévention de la torture, poursuivra le suivi attentif des développements et la coordination avec les parties nationales et internationales concernées afin d’assurer la protection des droits humains en toutes circonstances.
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