Article : « Maltraitance, maladies : ce que révèle un rapport sur le seul centre de détention pour mineurs du Liban »
Source : L’Orient-Le Jour
Publication : 23 septembre 2026 à 14 h 23
Des jeunes dormant à même le sol dans des cellules d’isolement, des affections cutanées et aucun médecin ni infirmier présent en permanence : L’Orient-Le Jour rapporte les conclusions préoccupantes d’une visite inopinée de la Commission nationale des droits de l’homme au centre de réhabilitation pour mineurs de Ouarouar, à Baabda. Le centre accueillait 148 jeunes lors de l’inspection du 17 septembre.
Selon le rapport de la Commission, certains mineurs ont déclaré avoir subi des violences physiques avant leur placement en isolement. L’équipe de visite a constaté des cas de gale, d’infections fongiques, d’allergies et d’inflammations cutanées. Elle a également relevé des difficultés d’accès à l’eau, aux produits d’hygiène et aux médicaments, ainsi que des sanitaires insalubres, des déchets accumulés, des draps déchirés et des quantités de nourriture insuffisantes. Certains jeunes nécessiteraient des soins spécialisés ou une intervention chirurgicale.
Ces constats font écho à un précédent reportage de L’Orient-Le Jour, qui avait déjà signalé des infections fongiques et un manque de médicaments pour des jeunes atteints de maladies chroniques. Ouvert en mai 2025 avec des financements de l’Union européenne et la coopération de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, le centre dépendrait aussi de dons pour fournir des produits d’hygiène, des traitements et des vêtements.
La Commission réclame la fin de l’isolement disciplinaire et la protection des jeunes concernés sous 24 heures. Elle demande sous sept jours une enquête indépendante sur les allégations de coups et de mauvais traitements, accompagnée d’examens médicaux confidentiels et de garanties contre les représailles. Sous 30 jours, elle appelle à assurer une présence médicale et infirmière régulière, l’accès aux médicaments essentiels, l’amélioration de l’eau et de l’assainissement, ainsi qu’un mécanisme de plainte confidentiel accessible aux enfants. Elle préconise aussi un plan de recrutement et le renforcement de l’éducation, de la formation et du suivi des dossiers.
Sollicités par L’Orient-Le Jour, l’Union européenne et l’ONUDC n’ont pas souhaité commenter le rapport. Les Forces de sécurité intérieure et une source du ministère de la Justice n’étaient pas disponibles pour réagir. La Commission a enfin renouvelé son appel à relever de sept à quatorze ans l’âge minimum de la responsabilité pénale au Liban.
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