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Du sang des journalistes à La Haye : la Commission appelle à accepter la compétence de la Cour pénale internationale

La Commission nationale des droits de l’homme, y compris le Comité pour la prévention de la torture, a entamé des de documentation médico-légale concernant l’assassinat des journalistes Ali Shoaib, Fatima Ftouni et Mohammad Ftouni par les forces d’occupation israéliennes avant midi aujourd’hui sur la route de Jezzine. La Commission présente ses plus sincères condoléances aux familles des victimes, à leurs collègues et à leurs pairs, soulignant que le fait de priver les journalistes de leur statut de civils ou de leur attribuer des accusations de terrorisme pour justifier leur ciblage constitue une continuation de la politique de génocide menée par l’occupation israélienne à Gaza, qui a coûté la vie à des centaines de journalistes sous des prétextes similaires.

Les journalistes bénéficient d’une protection en tant que civils en vertu du droit international humanitaire, et leur ciblage ou leur mise à mort délibérée constitue un crime de guerre. La Commission souligne que les Nations Unies doivent jouer un rôle effectif pour mettre fin aux violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire et en garantir la reddition de comptes.

La Commission a également précisé que les déclarations de condamnation, ainsi que la transmission des rapports sur le ciblage et la mise à mort de journalistes, de secouristes et de personnels médicaux aux Nations Unies, et les démarches par le biais de plaintes et de protestations devant le Conseil de sécurité, malgré leur importance, ne permettent pas de rendre justice aux victimes, mais contribuent plutôt à consolider l’impunité des auteurs de crimes de guerre.

La Commission a ajouté que la réponse à ce massacre contre les journalistes nécessite la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil des ministres et l’adoption d’une décision unanime chargeant le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés, conformément au paragraphe 3 de l’article 12 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, de soumettre une déclaration au Greffier de la Cour pénale internationale acceptant sa compétence pour enquêter et poursuivre toutes les infractions commises sur le territoire libanais depuis le 7 octobre 2023 relevant de sa compétence, y compris celles visant les journalistes, les secouristes et les volontaires de la défense civile, avec l’engagement du gouvernement libanais à coopérer pleinement avec la Cour conformément au chapitre IX du Statut.

La Commission a indiqué que le gouvernement libanais avait déjà adopté une décision similaire le 24 avril 2024, à la suite de l’assassinat délibéré du journaliste Issam Abdallah alors qu’il exerçait ses fonctions le 13 octobre 2023. Toutefois, le gouvernement est revenu ultérieurement sur cette décision sans fournir de justification ni d’explication, ce que la Commission considère comme suspect et inacceptable.

L’article 12 du Statut de Rome prévoit que la Cour peut exercer sa compétence si l’État sur le territoire duquel le comportement en question s’est produit est partie au Statut ou a accepté la compétence de la Cour. Dans le cas d’un État non partie, celui-ci peut, par une déclaration déposée auprès du Greffier, accepter la compétence de la Cour pour les crimes concernés et coopérer avec celle-ci sans délai ni exception.

La Commission renouvelle son appel au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, compte tenu de sa responsabilité en matière de promotion et de protection des droits de l’homme, ainsi qu’à la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, au regard de son rôle dans la promotion de la sécurité des journalistes et la lutte contre l’impunité, afin de demander l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur le ciblage des journalistes au Liban.

Cet appel s’inscrit dans le prolongement des demandes précédentes lancées par la Commission, aux côtés de plus de 120 entités locales et internationales, à la suite de la mort du vidéaste de Reuters Issam Abdallah, de la correspondante d’Al Mayadeen Farah Omar, du cameraman Rabih Al-Maamari, du coordinateur de terrain Hussein Aqil, ainsi que de Wissam Qassem, Ghassan Al-Najjar et Mohammad Reda. Ces faits s’inscrivent dans au moins 12 attaques directes menées par Israël contre des journalistes au Liban, ayant également causé des blessures graves à plusieurs journalistes, dont Carmen Joukhadar et Elie Berkhia (Al Jazeera), Christina Assi et Dylan Collins (AFP), ainsi que Maher Nazeh et Thaer Al-Sudani (Reuters).

Avant l’escalade du conflit début mars 2026, le sud du Liban a connu une intensification notable du ciblage des journalistes, notamment par l’utilisation de drones et de tirs à balles réelles par les forces israéliennes, dans le cadre d’un schéma récurrent d’intimidation et d’attaques contre les professionnels des médias en toute impunité.

Dans ce contexte, le 16 septembre 2025, le journaliste Hussein Shaaban de Legal Agenda, ainsi qu’un coordinateur local, ont été visés par un projectile largué par un drone israélien, qui a explosé à quelques mètres d’eux alors qu’ils effectuaient un reportage dans un quartier résidentiel détruit situé à la périphérie nord-est du village frontalier d’Al-Zalloutiyeh, dans le district de Tyr.

Le 19 décembre 2025, un drone israélien s’est approché d’une équipe médiatique de la chaîne Al-Alam, comprenant la journaliste Zeinab Faraj, alors qu’ils couvraient les événements dans la localité libanaise de Kfarkela, proche de la frontière.

Le 25 décembre 2025, une équipe médiatique de la chaîne Al Mayadeen a été prise pour cible par des tirs à balles réelles de la part des forces israéliennes alors qu’elle couvrait la présence israélienne dans les régions d’Al-Dhahira et d’Al-Jardah, dans le sud du Liban.

Le 28 décembre 2025, la journaliste indépendante Courtney Bono, collaborant avec la plateforme Focal Politics, ainsi que le photographe Ali Ezzedine, ont été directement menacés par des soldats israéliens à l’aide de haut-parleurs alors qu’ils couvraient les événements près de la localité frontalière de Houla, malgré l’obtention des autorisations nécessaires de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et des autorités compétentes, et leur identification claire en tant que journalistes.

Ce schéma de ciblage s’est poursuivi au début de l’année 2026. Le 26 janvier 2026, un drone israélien a visé le journaliste de la chaîne Al-Manar Ali Noureddine alors qu’il se trouvait à l’intérieur de son véhicule dans une zone densément peuplée de la ville de Tyr, entraînant sa mort.

Avec l’intensification des opérations militaires, le 2 mars 2026, les forces israéliennes ont pris pour cible les locaux de la chaîne Al-Manar, de Radio Al-Nour et de Radio Sawt Al-Farah, entraînant la destruction de plusieurs bâtiments, dans des attaques délibérées contre des installations médiatiques qui constituent des crimes de guerre au regard du droit international humanitaire.

Le 18 mars 2026, les forces israéliennes ont délibérément tué le journaliste Mohammad Sherri, directeur des programmes politiques de la chaîne Al-Manar, ainsi que son épouse, à la suite d’une frappe aérienne visant un immeuble résidentiel dans le quartier de Zoqaq al-Blat à Beyrouth. Leurs enfants et petits-enfants, dont des mineurs, ont été grièvement blessés. Sherri s’ajoute à des dizaines de journalistes tués au Liban, directement ou indirectement, depuis le début des hostilités le 8 octobre 2023, ainsi qu’à des centaines de civils tués quotidiennement dans un contexte d’impunité totale.

Le lendemain, 19 mars 2026, les forces israéliennes ont ciblé une équipe de la chaîne Russia Today composée du correspondant Steve Sweeney et du caméraman Ali Reza Sbaiti, alors qu’ils exerçaient leur mission journalistique à proximité du pont de Qasmiyeh, qui avait été bombardé à deux reprises la veille. Les deux journalistes ont été transférés à l’hôpital Jabal Amel, où ils reçoivent des soins médicaux.

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مؤسسة وطنية مستقلة منشأة بموجب القانون 62/ 2016، تتضمن آلية وقائية وطنية للتعذيب (لجنة الوقاية من التعذيب) عملاً بأحكام القانون رقم 12/ 2008 (المصادقة على البروتوكول الاختياري لاتفاقية مناهضة التعذيب). An independent national institution established under Law No. 62/2016, which includes a National Preventive Mechanism against torture (the Committee for the Prevention of Torture), in accordance with the provisions of Law No. 12/2008 (ratifying the Optional Protocol to the Convention against Torture). Une institution nationale indépendante établie en vertu de la loi n° 62/2016, qui comprend un mécanisme national de prévention de la torture (le Comité pour la prévention de la torture), conformément aux dispositions de la loi n° 12/2008 (ratifiant le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture).