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Journée mondiale de l’alimentation 2026 : le Liban doit faire de l’innovation un levier pour une alimentation abordable, des moyens de subsistance renforcés et la protection du droit à l’alimentation

La sécurité alimentaire commence par une question concrète : chaque personne peut-elle obtenir une alimentation suffisante, sûre et nutritive sans sacrifier ses autres besoins essentiels ?

Au Liban, cette question relie le pouvoir d’achat des ménages au relèvement agricole, au bon fonctionnement des marchés, à la protection sociale et à la redevabilité des institutions publiques. Des aliments peuvent être disponibles à la vente tout en restant hors de portée d’une famille. Les agriculteurs peuvent posséder les connaissances nécessaires pour les produire, mais manquer de ressources ou d’un accès sûr à leurs terres pour poursuivre leur activité.

Le 16 octobre, la Journée mondiale de l’alimentation 2026 appelle à agir sous le thème « Innover aujourd’hui. Nourrir demain. » La FAO souligne que des solutions tournées vers l’avenir, associées aux savoirs traditionnels et à des approches inclusives, peuvent contribuer à garantir l’accès à une alimentation diversifiée, sûre et nutritive, tout en préservant les ressources pour les générations futures.

Pour le Liban, l’innovation doit être évaluée à travers ses résultats : aide-t-elle les familles à accéder à une alimentation saine à un coût abordable ? Permet-elle aux producteurs de maintenir leurs moyens de subsistance ? Renforce-t-elle la capacité du pays à résister aux chocs ?

L’insécurité alimentaire au Liban exige une attention soutenue

Les évaluations publiques montrent à quelle vitesse le conflit peut compromettre les progrès en matière de sécurité alimentaire.

Une analyse actualisée du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire — IPC — publiée en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, la FAO et le Programme alimentaire mondial, prévoyait que 1,24 million de personnes, soit près d’une personne sur quatre parmi la population analysée, seraient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de niveau Crise ou supérieur entre avril et août 2026.

Ce chiffre concerne une période d’évaluation précise. Il ne doit pas être présenté comme une nouvelle mesure de la situation en octobre. L’analyse montre néanmoins les conséquences de la reprise des hostilités et des déplacements massifs sur l’accès des ménages à l’alimentation.

La Journée mondiale de l’alimentation doit donc encourager la poursuite du suivi et de l’action. L’aide doit répondre à l’évolution des prix, aux pertes de revenus et à la situation des personnes qui ne peuvent pas accéder aux marchés ou préparer leurs repas en sécurité.

La planification de la sécurité alimentaire doit relier le soutien immédiat au relèvement à long terme. L’aide d’urgence permet aux ménages de satisfaire leurs besoins urgents ; la restauration des moyens de subsistance et des services publics les aide à retrouver une certaine stabilité.

Le droit à l’alimentation va au-delà de l’accès aux calories

Une approche fondée sur les droits humains place la dignité et une nutrition adéquate au cœur des politiques alimentaires.

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies explique que le droit à une alimentation adéquate exige un accès physique et économique à une nourriture appropriée, ou aux moyens de se la procurer. Les aliments doivent être suffisants, sûrs et adéquats sur le plan nutritionnel. Leur coût ne doit pas compromettre la capacité à satisfaire d’autres besoins essentiels.

Le Comité définit également les obligations de respecter, de protéger et de mettre en œuvre ce droit, notamment en prenant les mesures nécessaires pour atténuer la faim pendant les catastrophes.

Au Liban, cela signifie évaluer davantage que la quantité de nourriture distribuée. Les programmes doivent tenir compte de la diversité alimentaire, de l’accessibilité, des besoins des ménages et de la capacité de l’aide à permettre une alimentation adéquate sans renoncer aux soins de santé, au logement ou à l’éducation.

Cela implique aussi des informations claires sur les critères d’éligibilité, des mécanismes de plainte accessibles et une protection contre la discrimination.

L’innovation doit résoudre les difficultés concrètes

L’innovation dans le système alimentaire libanais ne doit pas nécessairement commencer par des équipements coûteux. Elle peut prendre la forme d’une meilleure organisation, d’infrastructures partagées, de formations pratiques et d’une coordination renforcée.

Les priorités utiles comprennent :

  • Des installations partagées de stockage et de réfrigération, pour aider les petits producteurs à conserver les denrées périssables.
  • Des systèmes d’irrigation économes en eau, accompagnés d’entretien et de formation.
  • Des services d’information sur les marchés, pour aider les agriculteurs à comprendre la demande et à négocier leurs ventes.
  • Des achats et des transports organisés collectivement, afin de réduire les coûts.
  • Une transformation et un conditionnement améliorés, pour prolonger la durée de conservation et respecter les exigences de sécurité sanitaire.
  • Des procédures d’aide simplifiées, permettant aux ménages éligibles d’obtenir un soutien.

Chaque intervention doit être évaluée en fonction des conditions locales. Un service numérique est d’une utilité limitée sans connexion fiable. Des équipements peuvent rester inutilisés faute d’énergie abordable, de pièces de rechange ou d’assistance technique.

Les investissements publics doivent donc couvrir toutes les étapes qui relient une idée à son utilisation concrète.

Le Liban possède déjà une expérience de formation centrée sur les agriculteurs

Les programmes existants offrent des bases sur lesquelles s’appuyer.

Les écoles de gestion des exploitations agricoles de la FAO, mises en œuvre par des facilitateurs formés du ministère de l’Agriculture avec un financement de l’Union européenne, aident les agriculteurs à améliorer leur gestion, à répondre à la demande des marchés et à renforcer la viabilité de leurs activités.

Dans son rapport d’août 2024, la FAO décrivait une expansion comprenant 26 écoles, avec 32 % de femmes parmi les participants. Ces chiffres concernent le programme durant cette période et ne constituent pas des statistiques nationales sur la main-d’œuvre.

Cette approche illustre un principe important : augmenter la production ne garantit pas, à elle seule, des moyens de subsistance durables. Les agriculteurs doivent également comprendre leurs coûts, planifier leurs investissements, gérer les risques et trouver des acheteurs fiables.

Les futurs dispositifs de soutien devraient relier la formation au financement, au conseil agricole et aux infrastructures. Ils doivent aussi atteindre les petits producteurs qui ne sont pas déjà associés à des organisations établies.

Les femmes et les jeunes doivent bénéficier des investissements alimentaires

Le relèvement du système alimentaire libanais doit élargir les possibilités offertes aux femmes rurales et aux jeunes.

L’Année internationale des agricultrices 2026 met en lumière les rôles des femmes dans les systèmes agroalimentaires et les obstacles qu’elles rencontrent pour accéder à la terre, au financement, aux technologies et aux services.

Au Liban, les investissements doivent examiner qui reçoit les actifs productifs, qui contrôle les revenus et qui participe aux décisions. Soutenir une coopérative féminine doit inclure des possibilités d’influencer sa gestion et ses choix financiers.

Les jeunes doivent également disposer de parcours concrets vers l’agriculture, la transformation alimentaire, la maintenance, la logistique et les services connexes. Les formations doivent déboucher sur des emplois et des projets viables.

L’objectif est de rendre les moyens de subsistance agroalimentaires plus sûrs et plus rémunérateurs, avec des conditions équitables et une place pour l’initiative.

Les repas scolaires relient nutrition, éducation et économie locale

Les repas scolaires montrent comment les programmes alimentaires peuvent soutenir plusieurs priorités publiques à la fois.

Selon les informations publiques du Programme alimentaire mondial sur le Liban, son programme de repas scolaires touche environ 107 000 élèves dans 314 écoles publiques, en fournissant des collations nutritives et des repas froids par l’intermédiaire de cuisines communautaires.

La poursuite des investissements dans la nutrition scolaire doit tenir compte de la qualité des aliments, de la régularité des livraisons, de la sécurité de la préparation et des besoins des enfants ayant des restrictions alimentaires.

Lorsque cela est possible, des achats locaux transparents peuvent aussi créer des débouchés pour les agriculteurs et les producteurs alimentaires. Ces dispositifs nécessitent des normes fiables et des systèmes de paiement réguliers.

Les repas scolaires doivent compléter un soutien plus large aux ménages. La nutrition des enfants dépend de ce qu’ils peuvent manger tout au long de la journée, y compris en dehors de l’école.

Réduire les pertes alimentaires exige des infrastructures et des pratiques sûres

Les pertes et le gaspillage alimentaires constituent des occasions manquées de mieux utiliser des ressources limitées.

Au Liban, les mesures concrètes doivent porter sur la récolte, le transport, le stockage, la transformation et la manipulation des aliments dans les commerces. Les producteurs et les petites entreprises ont besoin d’installations adaptées et de conseils correspondant à leurs conditions de fonctionnement.

Les initiatives communautaires peuvent soutenir la redistribution alimentaire, mais la sécurité sanitaire doit guider la collecte, le stockage et la livraison. Les aliments donnés doivent respecter les normes appropriées et parvenir aux personnes dans des conditions qui préservent leur dignité.

Les ménages peuvent également réduire le gaspillage évitable grâce à la planification des repas et à un stockage adéquat. La communication publique doit toutefois reconnaître que ces pratiques nécessitent une réfrigération fonctionnelle, une eau fiable et des équipements de cuisine adaptés.

La réduction du gaspillage doit accompagner les politiques qui améliorent l’accessibilité financière et physique de l’alimentation.

La protection sociale est essentielle à la sécurité alimentaire

Le développement agricole ne peut pas, à lui seul, garantir que chaque ménage puisse financer une alimentation adéquate.

Les politiques alimentaires doivent donc être reliées à la protection sociale, à l’emploi et aux soins de santé. L’aide doit répondre au coût des besoins essentiels et rester accessible aux personnes confrontées à des obstacles de mobilité, de documentation ou d’accès au numérique.

Pour les ménages déplacés, le soutien doit tenir compte des conditions d’hébergement et de préparation des repas. Les transferts monétaires peuvent offrir un choix lorsque les marchés fonctionnent ; une aide alimentaire ou des repas préparés peuvent être nécessaires lorsque l’accès aux aliments ou leur préparation sont limités.

Les décisions doivent être éclairées par des évaluations locales et expliquées clairement aux communautés concernées.

La redevabilité doit guider les politiques alimentaires du Liban

Un système alimentaire fondé sur les droits exige des institutions qui écoutent et répondent.

Les autorités publiques et les partenaires des programmes doivent publier des informations compréhensibles sur les objectifs, les critères d’éligibilité et les résultats. Le suivi doit examiner qui est exclu et si l’aide est suffisante.

Les institutions indépendantes de défense des droits humains peuvent contribuer, dans le cadre de leurs mandats, en examinant les discriminations, en recevant des plaintes et en recommandant des améliorations aux politiques qui influencent l’accès à l’alimentation.

Les personnes concernées doivent participer à ces discussions. Les agriculteurs, les travailleurs agricoles, les personnes qui assurent des responsabilités de soins, les personnes en situation de handicap et les ménages bénéficiaires peuvent identifier des obstacles que les données administratives ne révèlent pas.

Les priorités du Liban pour la Journée mondiale de l’alimentation

La Journée mondiale de l’alimentation 2026 devrait encourager des engagements concrets :

  1. Protéger l’accès à une alimentation adéquate, grâce à une aide adaptée aux besoins et à des services publics accessibles.
  2. Restaurer les moyens de subsistance agricoles en sécurité, en reliant le soutien au relèvement aux infrastructures et à l’accompagnement technique.
  3. Investir dans une innovation pratique, notamment le stockage, l’irrigation, la transformation et l’accès aux marchés.
  4. Soutenir les femmes et les jeunes, avec des ressources, des possibilités équitables et un pouvoir de décision.
  5. Renforcer la nutrition scolaire, avec des livraisons régulières et une qualité alimentaire appropriée.
  6. Réduire les pertes alimentaires en toute sécurité, à toutes les étapes de la production, de la distribution et de la consommation.
  7. Améliorer la redevabilité, grâce à des critères transparents, à la participation des communautés et à des mécanismes de plainte efficaces.

« Innover aujourd’hui. Nourrir demain. » offre au Liban une orientation pour l’action. Son succès doit se mesurer dans la vie quotidienne : des familles capables de financer des repas nutritifs, des producteurs capables de gagner dignement leur vie et des communautés mieux préparées à affronter la prochaine crise.

Références officielles

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مؤسسة وطنية مستقلة منشأة بموجب القانون 62/ 2016، تتضمن آلية وقائية وطنية للتعذيب (لجنة الوقاية من التعذيب) عملاً بأحكام القانون رقم 12/ 2008 (المصادقة على البروتوكول الاختياري لاتفاقية مناهضة التعذيب). An independent national institution established under Law No. 62/2016, which includes a National Preventive Mechanism against torture (the Committee for the Prevention of Torture), in accordance with the provisions of Law No. 12/2008 (ratifying the Optional Protocol to the Convention against Torture). Une institution nationale indépendante établie en vertu de la loi n° 62/2016, qui comprend un mécanisme national de prévention de la torture (le Comité pour la prévention de la torture), conformément aux dispositions de la loi n° 12/2008 (ratifiant le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture).