La Commission nationale des droits de l’homme du Liban, y compris le Comité pour la prévention de la torture (CNDH-CPT), a entamé sa participation à un programme d’assistance technique spécialisé consacré au processus d’accréditation auprès de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI). Ce programme est organisé par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) à Genève, à son initiative au bénéfice de la Commission nationale des droits de l’homme et avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du 15 au 17 juin 2026.
Le programme devait initialement se tenir en présentiel au siège du HCDH à Genève. Toutefois, des circonstances exceptionnelles liées à la tenue du Sommet du G7 à Évian, en France, ainsi qu’aux restrictions de déplacement qui en ont découlé en Suisse, ont conduit à la tenue de la formation sous format virtuel.
Ce programme vise à renforcer les capacités institutionnelles et techniques de la Commission nationale des droits de l’homme du Liban et à soutenir ses préparatifs en vue de satisfaire aux exigences de l’accréditation conformément aux Principes de Paris, qui constituent le cadre de référence international régissant le fonctionnement des institutions nationales des droits de l’homme. Cette accréditation contribuera à renforcer l’indépendance, l’efficacité et la capacité de la Commission à interagir avec le système des Nations Unies et les mécanismes internationaux de protection des droits de l’homme.
La séance d’ouverture a réuni M. Abdoul Aziz Thioye, Directeur adjoint de la Division des opérations mondiales du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Mazen Shaqoura, Représentant régional du HCDH pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, ainsi que Mme Cynthia Radert, Cheffe adjointe de la Section des institutions nationales et des mécanismes régionaux, aux côtés de plusieurs responsables et experts du Haut-Commissariat.
La Commission nationale des droits de l’homme était représentée par son président, le Dr Fadi Gerges, son trésorier et Commissaire aux plaintes, M. Ali Youssef, ainsi que par le Commissaire aux relations internationales, M. Bassam Al Kantar.
Dans son allocution d’ouverture, M. Abdoul Aziz Thioye a souhaité la bienvenue à la délégation libanaise et salué les efforts déployés par la Commission pour renforcer son cadre institutionnel et achever les démarches nécessaires à l’accréditation. Il a souligné que les institutions nationales des droits de l’homme jouent un rôle essentiel dans la promotion et la protection des droits de l’homme au niveau national, ainsi que dans la traduction des normes internationales en politiques et pratiques concrètes. Il a également rappelé que l’accréditation conformément aux Principes de Paris renforce la crédibilité, l’efficacité et la capacité de participation des institutions nationales aux travaux du Conseil des droits de l’homme et des autres organes des Nations Unies.
M. Thioye a par ailleurs exprimé la solidarité du Haut-Commissariat avec le Liban face aux difficiles circonstances humanitaires et sécuritaires que traverse le pays. Il a mis en avant le rôle important que la Commission nationale peut jouer dans la surveillance et la documentation des violations, la contribution aux efforts de redevabilité, la protection des victimes et la promotion du respect du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
Pour sa part, le président de la Commission nationale des droits de l’homme, le Dr Fadi Gerges, a exprimé sa gratitude au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et au Programme des Nations Unies pour le développement pour l’organisation de ce programme et pour le soutien technique apporté à la Commission. Il a souligné que cette initiative constitue une étape importante dans le renforcement des capacités de l’institution et dans l’avancement de sa préparation à l’accréditation.
Le Dr Gerges a indiqué que, malgré les défis majeurs auxquels la Commission a été confrontée ces dernières années en raison des crises politiques et économiques traversées par le Liban, de la pandémie de COVID-19 et des conséquences de la récente guerre, elle est parvenue à accomplir des progrès significatifs dans la mise en place de ses structures institutionnelles, le développement de ses règlements internes et le renforcement de son indépendance administrative et financière.
Au cours de la première journée du programme, les experts du HCDH ont présenté de manière détaillée les Principes de Paris ainsi que les Observations générales adoptées par le Sous-Comité d’accréditation (SCA) de la GANHRI. Les échanges ont porté sur les critères fondamentaux relatifs à l’indépendance institutionnelle, au mandat légal, au pluralisme, aux ressources humaines et financières, ainsi qu’à la coopération avec la société civile, les autorités publiques et le système international des droits de l’homme.
La délégation de la Commission a également présenté les principales avancées réalisées depuis le début de ses activités, notamment l’adoption des règlements internes et financiers, la mise en place de mécanismes de traitement des plaintes, la création de plusieurs commissions et comités spécialisés, ainsi que le renforcement de la coopération avec les institutions nationales et internationales concernées.
Les discussions ont porté sur plusieurs questions relatives au cadre juridique et institutionnel de la Commission, aux mécanismes visant à garantir son indépendance financière et administrative, ainsi qu’aux défis liés à l’exercice de son mandat dans le contexte exceptionnel que connaît actuellement le Liban. Les participants ont également examiné le rôle de la Commission dans le suivi de la situation des droits de l’homme et dans la surveillance de la mise en œuvre par l’État libanais de ses obligations découlant des conventions internationales.
La délégation a en outre présenté les efforts déployés pour renforcer les activités du Mécanisme national de prévention de la torture, suivre les conditions de détention et développer la coopération avec les organisations de la société civile, les universités et les institutions nationales œuvrant dans le domaine des droits de l’homme, afin d’élargir le champ d’action de la Commission et de renforcer son impact au niveau national.
Les travaux du programme se poursuivront au cours des deux prochains jours à travers des sessions techniques spécialisées consacrées à la préparation de la « Déclaration de conformité aux Principes de Paris », à l’examen des exigences et des documents requis pour l’accréditation, ainsi qu’à la discussion des mesures pratiques nécessaires à la finalisation et à la soumission du dossier d’accréditation de la Commission au Sous-Comité d’accréditation de la GANHRI.
Ce programme s’inscrit dans le cadre du partenariat existant entre la Commission nationale des droits de l’homme, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et le Programme des Nations Unies pour le développement. Il reflète les efforts conjoints visant à renforcer l’indépendance et les capacités institutionnelles de la Commission conformément aux meilleures normes internationales, tout en consolidant son rôle dans la protection des droits de l’homme et la promotion de la redevabilité et de l’État de droit au Liban.
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