Le vice-Premier ministre et président de la Commission nationale libanaise pour le droit international humanitaire, le Dr Tarek Metri, a affirmé que les attaques israéliennes contre le Liban constituaient, selon les éléments qu’il a présentés, une violation des trois principes fondamentaux du droit international humanitaire. Il s’exprimait devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, lors du débat de haut niveau consacré aux questions urgentes et prioritaires concernant le Liban.
M. Metri a déclaré que les ordres d’évacuation illégaux avaient provoqué des vagues de déplacements massifs sans précédent, contraignant des villages entiers à se vider de leurs habitants et les rendant inhabitables. Il a souligné que les destructions à grande échelle dans le sud du Liban ne se limitaient pas aux habitations, mais avaient également touché les infrastructures civiles essentielles et les moyens de subsistance, compromettant gravement la capacité des populations déplacées à regagner leurs foyers et à reprendre une vie normale.
Il a également indiqué que des déclarations de hauts responsables israéliens constituaient, selon lui, une reconnaissance de ce qui pouvait être qualifié de destruction systématique des villes et des villages. Il a estimé que le ciblage répété des civils et des infrastructures civiles constituait une violation manifeste du droit international humanitaire, appelant à une condamnation claire et à l’obligation de rendre des comptes.
S’adressant au Conseil, M. Metri a également présenté les travaux de la Commission nationale pour le droit international humanitaire. Il a indiqué que celle-ci s’était réunie au Grand Sérail le 22 mai 2026 afin de faire le point sur le processus de documentation des violations commises lors des récents événements au Liban, dans le cadre des efforts visant à constituer des dossiers juridiques fondés sur une documentation professionnelle conforme aux normes internationales.
En conclusion de son intervention, M. Metri a exprimé l’espoir que le Conseil des droits de l’homme réaffirme que la protection des droits de l’homme au Liban constitue un fondement essentiel pour la justice et une paix durable. Il a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en garantissant le respect du droit international humanitaire et en renforçant la responsabilité des auteurs de violations.
Cette intervention est intervenue au terme d’une visite officielle à Genève, au cours de laquelle M. Metri a tenu une série de rencontres avec de hauts responsables des Nations Unies et d’organisations internationales, notamment le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric Egger, ainsi que des ambassadeurs arabes, des représentants d’États membres de l’ONU et de plusieurs organisations internationales.
Lors de son entretien avec le Haut-Commissaire, M. Metri a évoqué les conséquences des attaques israéliennes contre le Liban ainsi que les moyens de renforcer la coopération avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, en particulier dans le cadre des travaux de l’équipe d’évaluation déployée au Liban pour documenter les effets des attaques sur les civils et les infrastructures civiles, évaluer les besoins et formuler des recommandations à l’intention de la communauté internationale.
Sa rencontre avec la présidente du Comité international de la Croix-Rouge a porté sur la situation humanitaire au Liban et sur les moyens de renforcer la coopération afin de répondre aux besoins des populations touchées, avec un accent particulier sur la protection des civils, le respect du droit international humanitaire et le suivi de la situation des détenus libanais dans les prisons israéliennes à travers les visites effectuées par le CICR. M. Metri a réaffirmé la volonté du gouvernement libanais de poursuivre sa coopération avec le Comité international de la Croix-Rouge sur l’ensemble des questions humanitaires.
La visite a également compris des entretiens avec le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, et la Directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations, Amy Pope. Les discussions ont porté sur la situation des réfugiés syriens au Liban ainsi que sur les mécanismes permettant de soutenir leur retour volontaire, sûr et digne, compte tenu des défis auxquels le Liban est confronté.
Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une démarche diplomatique et fondée sur les droits humains visant à renforcer la présence du Liban auprès des institutions internationales, grâce à une approche reposant sur la documentation juridique des violations, la constitution de dossiers susceptibles d’être soumis aux mécanismes internationaux compétents, la protection des civils, le suivi du dossier des détenus libanais et la promotion du respect du droit international humanitaire.
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