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Human Rights Watch alerte : l’escalade des opérations israéliennes au Liban menace les civils et pourrait constituer des crimes de guerre

Human Rights Watch a déclaré aujourd’hui que les forces israéliennes ont étendu leurs opérations terrestres dans le sud du Liban après avoir manifesté leur intention de déplacer de force les populations, de détruire des habitations civiles et de mener des frappes susceptibles de viser des civils. Le déplacement forcé, la destruction massive et les attaques délibérées contre des civils constituent des crimes de guerre. Les pays qui continuent de fournir à Israël des armes et une assistance militaire risquent de se rendre complices de graves violations commises par le gouvernement israélien au Liban.

Le 22 mars, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé que lui et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient ordonné « d’accélérer la démolition des habitations libanaises dans les villages frontaliers afin de neutraliser les menaces contre les localités israéliennes – selon le modèle de Beit Hanoun et de Rafah dans la bande de Gaza ». Le 16 mars 2026, Katz a également déclaré que « des centaines de milliers d’habitants chiites du sud du Liban […] ne retourneront pas dans leurs maisons situées au sud de la zone du Litani tant que la sécurité des habitants du nord [d’Israël] ne sera pas garantie ». Les ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne à l’encontre des habitants de la banlieue sud de Beyrouth entre le 11 et le 15 mars précisaient que l’armée « n’hésitera pas à frapper toute personne se trouvant à proximité des membres du Hezbollah, de ses installations ou de ses moyens de combat ».

Depuis le 2 mars, les attaques israéliennes ont tué au moins 1 029 personnes au Liban, dont 118 enfants et 40 travailleurs de la santé, au 22 mars, selon le ministère libanais de la Santé publique. Ces derniers jours, le Hezbollah aurait lancé en moyenne environ 150 roquettes par jour, selon l’armée israélienne, faisant au moins 15 blessés en Israël d’après les médias israéliens.

Les 4 et 5 mars, l’armée israélienne a émis des ordres d’évacuation visant tous les habitants situés au sud du fleuve Litani ainsi que l’ensemble des résidents de la banlieue sud de Beyrouth, affectant des centaines de milliers de personnes. Depuis le 12 mars, ces zones ont été élargies pour inclure les régions situées au sud du fleuve Zahrani, à environ 15 kilomètres au nord du Litani et à 40 kilomètres de la frontière sud du Liban avec Israël. Plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban à ce jour.

Les déclarations du ministre israélien de la Défense indiquent que les habitants chiites du sud du Liban pourraient être empêchés de retourner chez eux pour une durée indéterminée, sur la base de critères sécuritaires non précisés. Human Rights Watch a souligné que la nature généralisée des ordres de déplacement, conjuguée à l’absence de garanties pour la protection des civils déplacés, suscite des inquiétudes quant à la commission du crime de guerre de déplacement forcé.

Le fait de cibler spécifiquement les populations chiites laisse penser que ces mesures pourraient être appliquées sur la base de leur appartenance religieuse, ce qui constitue une violation des droits humains et suggère que la protection des civils n’est pas l’objectif principal.

Les ordres visant à accélérer la destruction des habitations libanaises soulèvent de graves préoccupations quant à la commission du crime de guerre de destruction massive et à la violation de l’interdiction, en droit international, de détruire délibérément des biens civils, sauf en cas de nécessité militaire impérieuse. Selon les lois de la guerre, la simple possibilité que des groupes armés puissent utiliser ultérieurement des structures civiles ne saurait justifier la destruction à grande échelle de zones résidentielles entières.

Entre le 11 et le 15 mars, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a émis au moins cinq ordres d’évacuation, quasiment identiques dans leur formulation, visant les habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, après un ordre général d’évacuation émis le 5 mars. Ces communiqués enjoignaient les habitants à « évacuer immédiatement » et à « ne pas revenir dans ces quartiers jusqu’à nouvel ordre ».

Les ordres précisaient également que l’armée israélienne « n’hésitera pas à frapper toute personne se trouvant à proximité des membres du Hezbollah ou de ses installations ou moyens ». Cette formulation marque un changement par rapport aux avertissements précédents, qui indiquaient que la présence à proximité « mettait la vie en danger ».

Le 5 mars, le ministre israélien Bezalel Smotrich, membre du cabinet de sécurité et également ministre des Finances, a déclaré dans une vidéo tournée à la frontière libano-israélienne que la banlieue sud de Beyrouth « ressemblera très bientôt à Khan Younès » à Gaza. Human Rights Watch a déjà documenté des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes de génocide commis par les forces israéliennes à Gaza.

Ces déclarations, combinées au comportement antérieur des forces israéliennes au Liban, suscitent de sérieuses inquiétudes quant au fait que des civils puissent être pris pour cible uniquement en raison de leur présence dans des zones où le Hezbollah est actif.

Depuis le 7 octobre 2023, les forces israéliennes ont commis de nombreuses violations présumées des lois de la guerre au Liban en toute impunité, notamment des attaques contre des journalistes, des civils, des secouristes, des institutions financières, des infrastructures liées à la reconstruction et des forces de maintien de la paix. Elles ont également utilisé illégalement du phosphore blanc dans des zones peuplées, parmi d’autres violations. Human Rights Watch a documenté plusieurs attaques illégales au Liban impliquant des armes de fabrication américaine.

Dans une déclaration publiée le 18 mars, le porte-parole militaire israélien en langue arabe a annoncé que les ponts traversant le Litani vers le sud du Liban seraient ciblés « afin d’empêcher le transfert de renforts et de moyens de combat ». Entre le 13 et le 22 mars, l’armée israélienne a indiqué avoir frappé au moins quatre ponts sur le Litani.

Les civils qui restent sur place après les ordres d’évacuation demeurent pleinement protégés par le droit international humanitaire. Le déplacement forcé est interdit par les lois de la guerre, sauf lorsqu’il est requis pour la sécurité des civils ou pour des raisons militaires impérieuses.

Toute personne commettant des violations graves du droit de la guerre avec une intention criminelle – qu’elle soit intentionnelle ou résultant d’une imprudence grave – peut être poursuivie pour crimes de guerre. Les individus peuvent également être tenus pénalement responsables pour avoir aidé, facilité ou encouragé la commission de tels crimes.

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تعمل الهيئة الوطنية لحقوق الإنسان المتضمنة لجنة الوقاية من التعذيب، على حماية حقوق الإنسان وتعزيزها في لبنان وفق المعايير الواردة في الدستور اللّبناني والإعلان العالمي لحقوق الإنسان والاتفاقيات والمعاهدات الدولية والقوانين اللّبنانية المتفقة مع هذه المعايير. وهي مؤسسة وطنية مستقلة منشأة بموجب القانون 62/ 2016، سنداً لقرار الجمعية العامة للامم المتحدة (مبادئ باريس) التي ترعى آليات إنشاء وعمل المؤسسات الوطنية لحقوق الإنسان. كما تتضمن آلية وقائية وطنية للتعذيب (لجنة الوقاية من التعذيب) عملاً بأحكام البروتوكول الاختياري لاتفاقية مناهضة التعذيب وغيره من ضروب المعاملة أو العقوبة القاسية او اللاانسانية او المهينة الذي انضم اليه لبنان بموجب القانون رقم 12/ 2008.