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La multiplication des attaques contre le personnel humanitaire et médical au Liban soulève de graves préoccupations au regard du droit international

La Commission nationale des droits de l’homme au Liban exprime sa profonde consternation et sa grave préoccupation face au ciblage et aux préjudices continus infligés au personnel humanitaire et médical à travers le pays. Ces incidents incluent le meurtre et la blessure de secouristes alors qu’ils accomplissaient des missions vitales.

Sauver des vies ne doit jamais se faire au prix de la sienne. Les travailleurs humanitaires et médicaux sont protégés par le droit international et doivent bénéficier d’une protection totale à tout moment, en particulier dans les situations de conflit armé.

Les données récentes soulignent l’ampleur et la nature alarmantes de ces attaques. Entre le 2 mars et le 7 avril, le ministère libanais de la Santé publique a enregistré au moins 20 attaques contre des centres médicaux et ambulanciers, ainsi que 93 attaques contre les services médicaux d’urgence, entraînant des dommages sur au moins 75 véhicules médicaux. Ces chiffres indiquent un impact soutenu et systématique sur la capacité des prestataires de soins de santé et des secouristes à opérer en toute sécurité et efficacité.

Une analyse plus approfondie, incluant les conclusions du projet de recherche SAHA, souligne la gravité de ces incidents. Sur 113 attaques signalées, au moins 28 ont entraîné la mort de secouristes, ce qui indique qu’environ un quart de ces incidents ont été mortels. Au 7 avril, le ministère de la Santé publique a fait état de 57 décès parmi les travailleurs de la santé. Toutefois, la documentation de terrain, notamment celle de l’équipe de recherche SAHA, suggère que le nombre réel de victimes pourrait être plus élevé, d’autant plus que de nombreux secouristes sont des bénévoles qui ne sont pas toujours pleinement pris en compte dans les registres officiels. Les efforts déployés pour identifier les victimes par leur nom soulignent le coût humain derrière ces chiffres et l’importance de préserver leur dignité au-delà de leur simple représentation statistique.

La Commission souligne que le personnel humanitaire et médical doit être respecté et protégé dans l’exercice de ses fonctions. Cette obligation s’applique aux hôpitaux, aux unités médicales et aux ambulances exclusivement affectées à des fins médicales, ainsi qu’aux emblèmes protecteurs sous lesquels ils opèrent. Toutes les mesures possibles doivent être prises pour assurer leur sécurité.

La Commission souligne que les attaques contre le personnel, les installations et les transports médicaux et humanitaires constituent de graves violations du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. De tels actes peuvent être qualifiés de crimes de guerre et exigent une enquête rapide, indépendante et impartiale, ainsi que la responsabilisation des auteurs.

Le Comité du droit international humanitaire au sein de la Commission continue de surveiller et de documenter tous les incidents signalés impliquant des atteintes au personnel humanitaire et médical. Ce travail comprend la collecte et la vérification de données provenant de sources officielles et de terrain, dans le but d’assurer une documentation précise et de soutenir les futurs processus de responsabilisation.

À la lumière de ces développements, la Commission appelle toutes les parties au conflit à :

  • Respecter et assurer le respect du droit international humanitaire en toutes circonstances,

  • Cesser immédiatement toutes les attaques contre le personnel, les installations et les transports humanitaires et médicaux,

  • Assurer un respect total des emblèmes protecteurs et des garanties accordées aux missions médicales,

  • Prendre toutes les mesures possibles pour assurer la sûreté et la sécurité des secouristes,

  • Garantir un accès sûr, rapide et sans entrave au personnel humanitaire et médical pour l’accomplissement de leurs fonctions.

La Commission exhorte en outre les autorités libanaises à :

  • Assurer des enquêtes approfondies, indépendantes et transparentes sur tous les incidents signalés,

  • Renforcer les cadres de protection pour les travailleurs d’urgence et de santé,

  • Soulever ces violations au niveau international, notamment devant les organes et mécanismes compétents des Nations Unies.

La Commission nationale des droits de l’homme réitère son engagement indéfectible à documenter les violations, à faire respecter l’État de droit et à plaider pour la protection de tous les civils, en particulier ceux qui risquent leur vie pour en sauver d’autres dans des conditions extrêmement dangereuses.

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NHRCLB
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مؤسسة وطنية مستقلة منشأة بموجب القانون 62/ 2016، تتضمن آلية وقائية وطنية للتعذيب (لجنة الوقاية من التعذيب) عملاً بأحكام القانون رقم 12/ 2008 (المصادقة على البروتوكول الاختياري لاتفاقية مناهضة التعذيب). An independent national institution established under Law No. 62/2016, which includes a National Preventive Mechanism against torture (the Committee for the Prevention of Torture), in accordance with the provisions of Law No. 12/2008 (ratifying the Optional Protocol to the Convention against Torture). Une institution nationale indépendante établie en vertu de la loi n° 62/2016, qui comprend un mécanisme national de prévention de la torture (le Comité pour la prévention de la torture), conformément aux dispositions de la loi n° 12/2008 (ratifiant le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture).