Le Comité du droit international humanitaire de la Commission nationale des droits de l’homme – Liban exprime sa profonde inquiétude face à la vague de frappes aériennes massives et coordonnées qui auraient été menées par les forces israéliennes à travers plusieurs régions du Liban, notamment Beyrouth, sa banlieue sud, la Bekaa, le Mont-Liban et le sud du pays.
Selon les informations disponibles, ces frappes ont été menées dans un laps de temps très court et ont visé plus d’une centaine de sites simultanément. L’ampleur, l’intensité et l’étendue géographique de ces attaques soulèvent de sérieuses préoccupations quant à la protection des civils et au respect du droit international humanitaire.
Les données de terrain collectées et examinées par le Comité indiquent que les frappes ont touché un large éventail de zones, y compris des quartiers urbains densément peuplés à Beyrouth et dans sa banlieue sud, tels que Bir Hassan, Hayy al-Sellom, Corniche al-Mazraa, Msaytbeh, Basta, Ain el-Tineh et Choueifat, ainsi que des zones environnantes comme Aramoun, Keyfoun et Bchamoun. Les rapports font également état de frappes directes sur des immeubles résidentiels, y compris des appartements, ce qui accroît les inquiétudes quant aux pertes civiles et aux dommages aux biens civils.
Dans le sud du Liban, des frappes ont été signalées dans de nombreuses localités, notamment Bint Jbeil, Harouf, Jbaa, Ain Qana, Zefta, Tyr, Saïda, Sarafand, Deir al-Zahrani, Ansar et d’autres, reflétant une large dispersion géographique suggérant un schéma d’attaques répétées et dispersées à travers des districts entiers. D’autres frappes ont été documentées dans la Bekaa et la région de Baalbek-Hermel, notamment à Douris, Shmistar, Hermel et dans les zones avoisinantes, élargissant ainsi le champ des hostilités.
Le Comité rappelle que toutes les parties à un conflit armé sont liées par les règles du droit international humanitaire, notamment celles consacrées par le Protocole additionnel I aux Conventions de Genève et le droit international coutumier. Ces règles imposent des obligations claires et non dérogeables, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
Le principe de distinction impose aux parties au conflit de distinguer en tout temps entre les civils et les combattants, ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires. Le principe de proportionnalité interdit les attaques susceptibles d’entraîner des pertes civiles ou des dommages aux biens civils excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu. L’obligation de précaution exige que toutes les mesures possibles soient prises pour vérifier les cibles et réduire au minimum les dommages causés aux civils, y compris par l’émission d’avertissements préalables efficaces lorsque les circonstances le permettent.
Le Comité souligne que l’ampleur et la simultanéité des frappes signalées soulèvent de sérieuses questions quant à la possibilité de respecter effectivement ces obligations sur un si grand nombre de cibles dans un laps de temps aussi restreint. L’utilisation d’armes à effets étendus dans des zones densément peuplées accroît considérablement le risque de dommages indiscriminés et peut conduire à des attaques illégales.
Le Comité prend également note des affirmations selon lesquelles des objectifs militaires seraient situés au sein de zones civiles. À cet égard, il rappelle que la présence de combattants ou d’infrastructures militaires dans des zones habitées ne prive pas les civils de leur protection en vertu du droit international humanitaire et ne transforme pas des quartiers entiers en cibles militaires légitimes. Toutes les précautions nécessaires doivent être maintenues, et les obligations juridiques internationales continuent de s’appliquer pleinement.
Le schéma des frappes signalées soulève également des préoccupations quant à leur impact humanitaire cumulatif sur la population civile. Les dommages causés aux bâtiments résidentiels et aux infrastructures essentielles risquent de perturber l’accès aux services de base, notamment l’électricité, l’eau, les soins de santé et les chaînes d’approvisionnement alimentaire, dans un contexte où le Liban fait déjà face à de graves difficultés économiques et sociales.
Le Comité de droit international humanitaire souligne que le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des civils ou des biens de caractère civil, ainsi que le lancement d’attaques indiscriminées ou disproportionnées, peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international. Garantir la responsabilité pour de telles violations est une exigence fondamentale de l’ordre juridique international.
À la lumière de ce qui précède, le Comité appelle toutes les parties au conflit à :
- Respecter strictement les du droit international humanitaire, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution
- S’abstenir de lancer des attaques susceptibles de mettre en danger les civils et les biens civils
- Veiller à l’émission d’avertissements efficaces permettant aux civils de se mettre à l’abri
- Faciliter l’accès humanitaire et protéger les infrastructures civiles essentielles
- Prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir toute escalade supplémentaire et limiter les dommages causés aux civils
La Commission nationale des droits de l’homme – Liban continuera de suivre de près l’évolution de la situation, de documenter les violations potentielles et de collaborer avec les parties prenantes nationales et internationales afin de garantir la protection des droits humains et de l’état de droit.
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