La Commission du Droit International Humanitaire (DIH) de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a suivi les déclarations du porte-parole de l’armée israélienne via la plateforme « X ». Ces déclarations annonçaient une opération militaire nommée « Le Châtiment » (Al-Iqab), comprenant le débarquement de forces spéciales dans une zone baptisée « Monts Christophini » au sein de la chaîne de l’Anti-Liban, quelques minutes seulement avant l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu.
Face à cette annonce, la Commission tient à préciser les faits juridiques suivants :
Premièrement : Nullité des dénominations géographiques inventées La Commission confirme que l’appellation « Monts Christophini » est une dénomination fictive et fabriquée, inexistante dans l’histoire géographique ou les registres fonciers officiels de la République Libanaise. Le recours des autorités d’occupation à l’invention de nouveaux noms pour des territoires souverains libanais s’inscrit dans une politique d’« agression culturelle et géographique ». Elle vise à créer des « faits alternatifs » sur le terrain pour faciliter l’annexion de terres et tromper la communauté internationale ainsi que les commissions techniques chargées de surveiller le cessez-le-feu.
Deuxièmement : Exploitation du calendrier et violation de l’esprit de l’accord L’exécution d’une opération de débarquement quelques « minutes » avant le cessez-le-feu reflète une intention préméditée de violer l’« esprit » des accords internationaux. Le positionnement opérationnel en profondeur dans le territoire libanais (chaîne de l’Est) sous des noms localement inconnus est une tentative de contourner les lignes de contact reconnues et d’imposer des « zones d’influence » au sein de la souveraineté libanaise sous couvert d’opérations préventives.
Troisièmement : Qualification juridique de l’opération « Le Châtiment » La Commission considère que cette opération, telle qu’annoncée, constitue une violation de la Convention de La Haye de 1907, qui interdit à une puissance occupante de modifier les caractéristiques du terrain ou d’outrepasser l’autorité administrative nationale. S’y ajoute la violation du Principe de Bonne Foi dans l’exécution des traités (Convention de Vienne) ; un positionnement stratégique juste avant un engagement international de trêve témoigne d’une mauvaise foi militaire visant à maintenir la menace et à rompre la stabilité.
Quatrièmement : Mise en garde contre les « zones grises » La Commission avertit que le lancement de l’appellation « Monts Christophini » vise à créer une « zone grise » géographique, rendant difficile pour les observateurs internationaux la localisation précise des forces selon les cartes officielles libanaises. Cela pourrait entraîner des affrontements futurs résultant de la désinformation sur les positions et les lignes de démarcation.
En conséquence, la Commission du DIH de la Commission Nationale des Droits de l’Homme exige :
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Du Gouvernement Libanais : D’agir immédiatement auprès des Nations Unies et du Groupe d’experts des Nations Unies pour les noms géographiques (GENUNG) pour rejeter et réfuter officiellement cette dénomination.
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Des Forces de la FINUL : De vérifier les coordonnées du positionnement israélien dans la chaîne de l’Est, d’exiger le retrait des forces d’occupation derrière les frontières internationales reconnues, et de ne reconnaître aucune dénomination militaire inventée.
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Du Conseil de Sécurité : De rejeter la politique d’« incursion géographique » qui prépare le terrain à des opérations d’annexion déguisée des terres libanaises.
La géographie libanaise est une propriété souveraine et historique ; les « noms de guerre » ne légitimeront jamais une présence illégale sur un seul grain de terre de la chaîne de l’Est ou d’ailleurs.
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