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Des experts de l’ONU condamnent les bombardements sans précédent d’Israël au Liban après l’annonce d’un cessez-le-feu et exigent l’arrêt immédiat des hostilités

Des experts de l’ONU* ont condamné aujourd’hui l’agression illégale et la campagne de bombardements aveugles d’Israël contre le Liban le 8 avril, quelques heures seulement après qu’un accord de cessez-le-feu a été négocié par le Pakistan entre les États-Unis et l’Iran.

« Nous sommes témoins d’un mépris total et continu pour l’ordre juridique international, pour la diplomatie et, surtout, pour la vie des civils et l’environnement au Liban », ont déclaré les experts indépendants. « Israël a choisi le moment même où un cessez-le-feu était annoncé – un accord qui, selon son médiateur pakistanais, incluaît le Liban – pour déclencher la plus grande vague de frappes coordonnées sur le pays depuis 1980. »

« Il ne s’agit pas de légitime défense. C’est une violation flagrante de la Charte des Nations Unies, une destruction délibérée des perspectives de paix et un affront au multilatéralisme et à l’ordre international fondé sur l’ONU », ont-ils ajouté.

Les experts se sont dits préoccupés par le fait que, malgré l’annonce récente d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et la République islamique d’Iran, les perspectives d’une désescalade régionale plus large restent incertaines. L’absence de progrès tangibles lors des discussions du week-end dernier a souligné la fragilité des efforts de cessez-le-feu actuels et l’urgence d’intensifier l’engagement diplomatique. « L’imposition d’un blocus naval par les États-Unis est un acte de guerre qui a encore davantage déstabilisé la situation », ont averti les experts.

Depuis la cessation des hostilités entre le Liban et Israël le 27 novembre 2024, Israël a violé à plusieurs reprises la souveraineté du Liban. Lors d’une offensive de 10 minutes le 8 avril 2026, les forces israéliennes ont frappé simultanément plus de 150 sites à travers le Liban, tuant au moins 303 personnes et en blessant 1 150 autres. Des centaines de personnes restent sous les décombres. De nombreuses frappes ont touché des quartiers résidentiels et des zones commerciales densément peuplés du centre de Beyrouth, en violation des principes de distinction et de proportionnalité, ainsi que de l’obligation de prendre toutes les précautions réalisables en vertu du droit international humanitaire (DIH) coutumier. Les frappes ont causé de graves dommages environnementaux en libérant des polluants atmosphériques toxiques et des émissions de gaz à effet de serre, en contaminant les systèmes d’eau et en détruisant des écosystèmes.

Selon le gouvernement libanais, depuis le 2 mars, l’armée israélienne a tué plus de 2 000 personnes au Liban, y compris des agents de santé et des journalistes, et en a blessé 6 588 autres. Plus d’un million de personnes ont été déplacées, soit environ un habitant sur cinq, dont environ 140 682 se trouvent dans des abris surpeuplés. En mars 2026, les experts avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur une crise de déplacement s’aggravant rapidement. Le rythme des déplacements a été décrit par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés comme plus rapide que lors de l’escalade de 2024.

« L’émission d’ordres d’évacuation généralisés, combinée à la destruction des logements urbains et ruraux vers lesquels les personnes déplacées auraient dû retourner, est cohérente avec le modèle de « domicide » initié pendant le génocide à Gaza », ont prévenu les experts. « La destruction délibérée des maisons est une arme de guerre et une forme de punition collective, particulièrement dans les zones chiites rurales du sud du pays. Cela s’apparente également à un nettoyage ethnique. »

« Le déplacement forcé d’une population civile constitue un crime contre l’humanité et un crime de guerre au regard du droit international », ont-ils déclaré.

Les experts ont également condamné les récentes attaques transfrontalières du Hezbollah contre des civils israéliens et l’ont exhorté à respecter l’accord de cessez-le-feu de 2024, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

Les experts ont appelé de toute urgence :

  • Israël à cesser immédiatement toutes les opérations militaires au Liban, à se conformer au cadre du cessez-le-feu et à la résolution 1701 du Conseil de sécurité, à retirer ses forces, à permettre le retour en toute sécurité des personnes déplacées et à engager des négociations directes avec le Liban.

  • Les États-Unis à utiliser leur influence pour garantir qu’Israël cesse sans délai les frappes sur les civils et les infrastructures libanaises.

  • Tous les États membres à suspendre les transferts d’armes vers Israël tant qu’il existe des preuves crédibles de violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

  • La communauté internationale à soutenir la réponse humanitaire du Liban, notamment en finançant l’appel éclair de 308 millions de dollars.

Les experts : George Katrougalos, Ben Saul, Paula Gaviria Betancur, Farida Shaheed, Claudia Mahler, Balakrishnan Rajagopal, Morris Tidball-Binz, Nicolas Levrat, Astrid Puentes Riaño, le Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles (présidé par Claudia Flores), Gina Romero, Mai Sato, Francesca Albanese, Reem Alsalem, Siobhán Mullally, Elisa Morgera, Surya Deva, Attiya Waris, Mariana Katzarova, Michael Fakhri.

Les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme sont des experts indépendants qui travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ne reçoivent pas de salaire.

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مؤسسة وطنية مستقلة منشأة بموجب القانون 62/ 2016، تتضمن آلية وقائية وطنية للتعذيب (لجنة الوقاية من التعذيب) عملاً بأحكام القانون رقم 12/ 2008 (المصادقة على البروتوكول الاختياري لاتفاقية مناهضة التعذيب). An independent national institution established under Law No. 62/2016, which includes a National Preventive Mechanism against torture (the Committee for the Prevention of Torture), in accordance with the provisions of Law No. 12/2008 (ratifying the Optional Protocol to the Convention against Torture). Une institution nationale indépendante établie en vertu de la loi n° 62/2016, qui comprend un mécanisme national de prévention de la torture (le Comité pour la prévention de la torture), conformément aux dispositions de la loi n° 12/2008 (ratifiant le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture).