La Commission nationale des droits de l’homme au Liban, y compris le Comité pour la prévention de la torture, a mis en garde contre les risques sérieux auxquels les personnes déplacées pourraient être exposées dans les centres d’hébergement, alors que la vague de déplacements s’intensifie à la suite de l’offensive israélienne qui s’est aggravée le 2 mars 2026. La Commission a souligné que l’expérience des crises précédentes, notamment durant la guerre de 2024, a montré que l’absence de normes de protection et de mécanismes de contrôle dans ces centres peut conduire à des violations graves portant atteinte à la dignité et à la sécurité des personnes déplacées.
La Commission a expliqué que les centres d’hébergement collectifs, souvent établis de manière urgente dans des écoles ou des bâtiments publics, souffrent fréquemment de surpopulation et d’un manque de services essentiels. Ces conditions aggravent la vulnérabilité des groupes les plus exposés, notamment les femmes et les filles, les enfants, les personnes âgées et les travailleurs migrants. Elle a également averti que l’absence d’intimité dans les installations sanitaires et l’insuffisance des dispositifs de sécurité dans certains centres peuvent favoriser le harcèlement sexuel, les violences fondées sur le genre et d’autres formes d’exploitation ou d’abus.
Dans ce contexte, la Commission a rappelé les mises en garde formulées par des experts des Nations Unies dans une communication datée du 4 février 2025, qui soulignaient que les femmes et les filles déplacées lors des attaques israéliennes contre le Liban en septembre 2024 avaient rencontré de graves difficultés pour accéder aux services de protection et aux abris, et que certaines avaient été exposées à des cas de harcèlement et de violence dans des centres d’hébergement surpeuplés.
La Commission a également indiqué que des informations préliminaires provenant de certaines zones de déplacement font déjà apparaître des signes préoccupants de mauvaise organisation et de gestion insuffisante dans certains centres, ce qui impose aux autorités de prendre des mesures rapides afin d’éviter la répétition des violations documentées lors des précédentes crises de déplacement. Elle a insisté sur le fait que la protection des personnes déplacées ne se limite pas à la fourniture d’un abri, mais implique également de garantir un environnement sûr respectant la dignité humaine et prévenant toute forme de violence ou de discrimination.
La Commission a ainsi appelé les autorités libanaises et les acteurs humanitaires à adopter des normes claires pour la gestion des centres d’hébergement. Ces mesures devraient inclure la garantie de l’intimité dans les installations sanitaires, l’amélioration de l’éclairage et de la sécurité dans les centres, la mise en place de mécanismes efficaces de plainte, ainsi que l’accès à des services de soutien psychologique, social et sanitaire, en particulier pour les femmes et les enfants. Elle a également souligné la nécessité d’impliquer les communautés locales et les organisations de la société civile dans la gestion de la réponse humanitaire afin de renforcer la transparence et l’efficacité de la protection des personnes déplacées.
La Commission a conclu en rappelant que la protection des civils en situation de déplacement constitue une obligation juridique au regard du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, et a appelé à des mesures urgentes afin que les centres d’hébergement ne deviennent pas des lieux de violations des droits, mais demeurent des refuges sûrs pour les civils fuyant le conflit.
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