Les Institutions nationales des droits de l’homme (INDH) du monde entier ont réaffirmé leur engagement à faire progresser l’égalité des genres et à protéger les droits des femmes et des filles lors de la Réunion annuelle 2025 de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI).
L’événement, qui s’est tenu à Genève du 10 au 12 mars, a réuni des INDH, des agences des Nations Unies, des organisations de la société civile et des experts en droits de l’homme afin de discuter des défis, partager les meilleures pratiques et faire progresser un large éventail de questions liées aux droits humains.
Un des axes principaux portait sur le rôle des INDH dans la promotion de l’égalité des genres et le renforcement de la protection des droits des femmes et des filles, offrant aux participants l’occasion de collaborer sur des solutions et de renforcer les efforts en faveur de l’égalité des sexes.
La présidente du GANHRI, Mme Maryam Al Attiyah, a ouvert la session par un appel à l’action : « L’égalité des genres n’est pas seulement un droit fondamental, mais aussi une condition préalable à des sociétés durables et justes. Le moment d’agir, c’est maintenant », a-t-elle déclaré.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a souligné le rôle essentiel des INDH, mettant en avant leur connaissance approfondie des cadres juridiques mondiaux et des contextes nationaux. Il a affirmé : « Vous êtes dans une position unique en tant que défenseurs du droit international et experts du contexte national. »
L’ÉGALITÉ DES GENRES N’EST PAS SEULEMENT UN DROIT FONDAMENTAL, MAIS AUSSI UNE CONDITION PRÉALABLE À DES SOCIÉTÉS DURABLES ET JUSTES. LE MOMENT D’AGIR, C’EST MAINTENANT. »
Mme Maryam Al Attiyah, Présidente du GANHRI
L’événement a également compris la réunion du Bureau du GANHRI, l’Assemblée générale, des sessions des réseaux régionaux, des discussions dans le cadre du Partage de connaissances, ainsi que l’élection de nouveaux membres à la direction du GANHRI. Mme Amina Bouayach (Maroc) a été nommée présidente, et Mme Alyson Kilpatrick (Irlande du Nord) secrétaire générale. Les membres ont exprimé leur profonde reconnaissance à la présidente sortante Maryam Al Attiyah pour son leadership engagé et ses précieuses contributions.
Lors de la Réunion annuelle, un événement parallèle organisé par l’APF, intitulé « Action nationale sur des questions internationales », a exploré le rôle des INDH dans le traitement des violations extraterritoriales des droits humains, en particulier dans la région Asie-Pacifique. Modérée par la présidente de l’APF, Mme Samar Haj Hasan, la session a abordé des enjeux clés tels que les conflits, les régimes militaires, le changement climatique, les droits des travailleurs migrants, et les répercussions des entreprises sur les droits humains au-delà des frontières nationales.
Parmi les principaux intervenants figuraient le professeur Chris Sidoti, qui a présenté un nouveau document d’orientation de l’APF sur la compétence extraterritoriale des INDH ; Issam Aruri, Commissaire général de la Commission indépendante des droits de l’homme de Palestine ; et Pornprapai Ganjanarintr, présidente de la Commission nationale des droits de l’homme de Thaïlande, qui a partagé des perspectives régionales.
Une minute de silence a été observée en hommage à deux défenseurs des droits humains : Raafat Salha, directeur du bureau de Gaza de la Commission indépendante des droits de l’homme de Palestine, tué lors d’une frappe aérienne israélienne, et Roseline Odede, ancienne présidente de la Commission nationale des droits de l’homme du Kenya.
La Réunion annuelle s’est conclue par l’adoption d’une Déclaration finale, réaffirmant les engagements en faveur de l’égalité des genres, de la responsabilité des INDH, et du renforcement de la protection des femmes et des filles.
En amont des sessions principales, le Comité de gouvernance de l’APF et la Réunion régionale des 9 et 10 mars ont offert une plateforme aux membres pour évaluer les progrès réalisés, aborder les questions liées au GANHRI et discuter des priorités régionales en matière de droits humains.
Il convient de noter que la Commission nationale des droits de l’homme, y compris le Comité pour la prévention de la torture (CNDH-CPT) du Liban, est toujours classée comme observateur au sein de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI), car elle n’a pas encore demandé l’accréditation en catégorie « A », en raison de la non-émission des décrets d’application. L’approbation de ces décrets est considérée comme l’une des conditions les plus importantes pour l’obtention de cette accréditation. En outre, la documentation doit démontrer que l’institution bénéficie d’un financement public suffisant et indépendant, garantissant qu’elle peut remplir efficacement son mandat conformément aux Principes de Paris.
L’accréditation de catégorie « A » constitue une norme internationale fondamentale garantissant la légitimité et la crédibilité des institutions nationales des droits de l’homme. Elle exige le respect des Principes de Paris, qui définissent notamment leur indépendance, leur mandat large, la transparence dans la nomination de leurs membres, ainsi qu’un financement public adéquat garantissant leur réelle autonomie.
Cette accréditation confère aux institutions nationales des droits de l’homme un statut international prestigieux, leur permettant de :
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Présenter des déclarations orales devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ;
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Participer aux discussions et aux sessions générales du Conseil des droits de l’homme, y compris lors de l’Examen périodique universel (EPU) des États ;
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Soumettre des documents officiels portant un symbole de document de l’ONU ;
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Occuper des sièges indépendants à toutes les sessions ;
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Intervenir directement après l’État concerné lors des dialogues interactifs pendant les sessions de l’EPU et les rapports des procédures spéciales ;
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Proposer des candidatures pour les mécanismes des procédures spéciales des Nations Unies.
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